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Plus de la moitié des détenus de Guantanamo sont en grève de la faim. Ils protestent contre leur détention sans procès et un examen jugé profanatoire de volumes du Coran pendant une fouille. Certains sont nourris de force.
La prison américaine la plus controversée fait une fois de plus parler d'elle. Alors que les incidents se multiplient à Guantanamo et que plus de la moitié des prisonniers ont décidé d'observer une grève de la faim, une soixantaine de détenus sont désormais maintenus confinés dans des cellules individuelles. "Nous avons essayé d'être patients, de travailler avec eux, de leur donner une chance de se plier à ce qui leur était demandé... Nous sommes arrivés à un stade où le risque était trop élevé, et il était temps de prendre des mesures", explique le colonel John Bogdan, un des responsables de la prison.
À l'origine de ces tensions croissantes, une opération de fouille début février et des Corans examinés d'une manière que les prisonniers ont perçue comme une profanation religieuse. Depuis, la grève de la faim n'a cessé de se propager parmi les prisonniers. Mais c’est avant tout leur détention illimitée depuis plus d’une décennie sans inculpation ni procès que dénoncent la plupart des protestataires.
Promesse non tenue
Dimanche 21 avril, ils étaient 84, soit plus de la moitié des 166 prisonniers de Guantanamo, à refuser de s’alimenter. Parmi eux, seize ont dû être nourris de force et cinq ont été hospitalisés. "Jusqu'à ce que notre gouvernement agisse de la bonne manière à Guantanamo, la frustration ne fera que croître et je ne vois pas comment cela pourrait bien se terminer", a déclaré l’avocat de l’un des détenus.
Depuis 12 ans, des présumés terroristes sont enfermés à Guantanamo, hors de tout cadre légal. Le président Barack Obama s'était engagé à fermer cette prison lors de sa première campagne présidentielle, une promesse non tenue jusqu'ici.
FRANCE 24 avec dépêches