
Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé s'exprime lors de la cérémonie marquant la fin du conseil présidentiel à Port-au-Prince, en Haïti, le 7 février 2026. © Odelyn Joseph, AP
Le Conseil présidentiel de transition (CPT) en Haïti a mis fin samedi 7 février à son mandat. Le pouvoir exécutif revient désormais au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le CPT n'ayant pas réussi à ramener l'ordre public dans un pays ravagé par la pauvreté et l'emprise des gangs.
La passation de pouvoirs entre le conseil, créé en avril 2024 pour ramener la stabilité, et le dirigeant haïtien de 54 ans a été encadrée par un important dispositif de sécurité dû à un contexte politique particulièrement tendu.
"Le mot d'ordre est clair : sécurité, dialogue politique, élections, stabilité. Monsieur le Premier ministre, en ce moment historique, je sais que vous mesurez l'ampleur de la responsabilité que vous assumez devant la Nation. Restez concentré sur les priorités du pays", a déclaré samedi Laurent Saint-Cyr, le président du Conseil présidentiel de transition, à l'intention de Alix Didier Fils-Aimé.
Alix Didier Fils-Aimé, qui était déjà Premier ministre, devient, avec la dissolution du Conseil présidentiel de transition, la seule figure du pouvoir exécutif du pays. Il aura la lourde charge de composer avec une classe politique très divisée pour organiser des élections.
6 000 victimes des gangs
Haïti subit depuis de nombreuses années la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements. Plus pauvre pays des Amériques, il n'a pas connu de scrutin depuis 2016 et est privé de président depuis l'assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021.
Selon l'ONU, les gangs contrôlent 90 % de Port-au-Prince, la capitale, et ont tué près de 6 000 personnes en 2025.
Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixUne extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.
Réessayer
Face à la crainte d'un vide institutionnel, Washington, qui a envoyé cette semaine trois navires de guerre en Haïti, a ouvertement apporté son soutien à Alix Didier Fils-Aimé.
Fin janvier, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait souligné "l'importance de son maintien au poste de Premier ministre d'Haïti pour lutter contre les gangs terroristes et stabiliser l'île". Quelques jours plus tard, le département d'État avait sanctionné deux membres du CPT et un ministre, les accusant de soutenir des gangs.
La police haïtienne mène depuis plusieurs semaines une large offensive contre ces bandes criminelles dans le centre de Port-au-Prince, qui a permis de déloger un de leurs membres les plus connus, Jimmy Cherizier, dit "Barbecue".
Avec AFP
