
Jugé en appel par la cour d’assises spéciale de Paris, Yvan Colonna été reconnu coupable de l'assassinat du préfet Érignac en 1998. Il est condamné à la réclusion à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans.
Après sept semaines de procès et huit heures de délibérations, le verdict est tombé, plus sévère qu’en première instance: Yvan Colonna écope de la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans, sanction maximale dans le droit français, pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998.
Installés dans une salle gardée, les juges de la cour d'assise s spéciale de Paris ont répondu à 34 questions pour établir d’une part si Yvan Colonna faisait partie du commando qui a attaqué une gendarmerie à Pietrosella (Corse-du-Sud) dans la nuit du 5 au 6 septembre 1997, et d’autre part s’il avait assassiné le lendemain le préfet de Corse de trois balles dans la tête.
Le berger corse a été reconnu coupable des deux faits. "La peine incompressible veut dire que la cour a considéré qu'il était le tireur", expliquait peu de temps après le verdict maître Cathy Richard, avocate de l'un des gendarmes séquestrés à Pietrosella.
La partie civile juge elle-même le verdict très dur. "La décisio n est sévère, on n'est pas là pour la commenter, on est là pour l'entendre. Je pense qu'Yvan Colonna l'entendra également", a déclaré maître Benoît Chabert.
Pour les avocats de la défense, absents de l'audience depuis le 11 mars, cette condamnation, qu’ils estiment, comme la partie civile, "sans surprise", a été faite au "forceps". "Cette cour refusait par principe d'envisager toute autre hypothèse que celle de la culpabilité", a ainsi affirmé maître Antoine Sollacaro, l’un des avocats de Colonna. Pour lui, comme ses quatre confrères, l’affaire est loin d’être terminée. "Le combat judicaire continue, l’affaire Colonna commence", affirme maître Patrick Maisonneuve, un autre avocat du berger corse.
La défense a immédiatement annoncé qu’elle déposerait un pourvoi e n cassation et envisage aussi de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme. "Je pense que cette décision sera censurée, un jour probablement, par la Cour européenne des droits de l’Homme", affirme maître Patrick Maisonneuve.
Un regain de violence est maintenant redouté sur l’île où le sujet reste explosif. Une manifestation est prévue samedi après-midi à Ajaccio .