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La crise politique n'aura pas d'impact sur l’UE, assure Topolanek

Au lendemain de la motion de censure qui a renversé son gouvernement, le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek se veut rassurant, affirmant que la crise qui secoue son pays n’aura pas d’impact sur la présidence de l’UE.

Lisez le blog de notre spécialiste Europe : "Le gouvernement contraint à la démission, un os pour l'UE"

L’actuelle équipe gouvernementale de Topolanek restera aux commandes jusqu’à la fin de la présidence tchèque de l'Union européenne (UE), qui prend fin le 30 juin prochain. L’opposition sociale-démocrate, à l’origine de la motion de censure du gouvernement, ne s’y oppose pas. Son chef de file, Jiri Paroubek, s’est prononcé en faveur de la formation d’un gouvernement d’experts, cet été, qui serait chargé de préparer des législatives anticipées. Le scrutin pourrait avoir lieu à l’automne ou au printemps prochains, alors qu'il est programmé pour la mi-2010 à l'heure actuelle.

À Bruxelles, explique Kattalin Landaburu, correspondante de FRANCE 24 dans la capitale belge, la Commission européenne semblait s’attendre à cette éventualité. "Il n'y a pas de vent de panique ici. La Commission a publié, mardi, un communiqué dans lequel elle se dit convaincue que le gouvernement tchèque continuera à assurer le pouvoir."

Toutefois, les chefs de file des formations représentées au Parlement européen déplorent qu’un homme désapprouvé dans son propre pays continue à parler au nom de l’UE. Joseph Daul, président du Parti populaire européen (PPE, conservateur), la principale formation politique de l'assemblée, n’a pas hésité à souligner que "l’Europe a besoin d'un leadership fort en ces temps de crise. Or, un gouvernement qui assume la présidence de l’UE et qui est privé de confiance ne peut pas assumer ce leadership".

En République tchèque, les observateurs estiment que la présidence tchèque de l’Union est, de facto, terminée. Alexis Rosenzweig, correspondant de FRANCE 24 à Prague, précise, à ce propos, que le président tchèque Vaclav Claus, un  eurosceptique farouche qui s’est toujours opposé au Traité de Lisbonne, est aujourd’hui plus fort. La ratification éventuelle du Traité de Lisbonne s’en trouve, du même coup, compromise.

D’autres échéances inquiètent les responsables européens. Le 5 avril prochain, le président américain Barack Obama doit se rendre à Prague pour un sommet avec son homologue européen affaibli, Mirek Topolanek, dont le leadership était déjà fortement contesté.