logo

Le Conseil constitutionnel a annulé l'élection de Corinne Narassiguin, députée PS des Français de l’étranger, pour cause d’irrégularités dans ses comptes de campagne. La gauche dénonce une décision injuste.

Corinne Narassiguin et Daphna Poznanski-Benhamou, deux députés socialistes des Français de l’étranger, doivent quitter les bancs de l’Assemblée nationale après que le Conseil constitutionnel a invalidé, vendredi 15 février, leurs comptes de campagne. Une sanction assortie d’une peine d'inéligibilité d’un an qui les privera ainsi des futures législatives partielles.

C’est un coup dur pour les défenseurs du mariage pour tous qui pouvaient compter sur le soutien indéfectible de la très active Corinne Narassiguin, chargée du projet de loi au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Valeur montante du PS, celle qui a su se démarquer lors des débats houleux au Palais Bourbon, se voit aujourd’hui sérieusement freinée dans son ascension.

Défendant son intégrité, Corinne Narassiguin a immédiatement déclaré que l’invalidation de ses comptes de campagne était due à des règles électorales non adaptées aux "spécificités" de l'élection des députés des Français de l'étranger. L’ex-député, élue dans la circonscription d’Amérique du Nord, avait ouvert deux comptes bancaires, dont un à l’étranger, durant sa campagne menée sur les deux continents. Ce qui est proscrit par l'article 136-1 du code électoral imposant aux candidats d’ouvrir "un compte unique" afin que toutes les opérations financières puissent être surveillées.

Vide juridique ?

Réagissant au départ brutal de leur consœur, de nombreux élus ont fait part de leur indignation et de leur sentiment d’injustice, notamment via Twitter. Beaucoup estiment que Corinne Narassiguin a finalement essuyé les plâtres de ces élections législatives où, pour la première fois, les Français de l’étranger ont pu élire les députés des 11 circonscriptions fraîchement créées à travers le monde.

Affichant également son soutien à Corinne Narassiguin, le président de la Commission des lois, Jean-Jacques Urvoas, a affirmé vouloir se pencher sur la question. La majorité pourrait ainsi proposer une nouvelle législation pour éviter que l’incident se reproduise aux prochaines législatives.

Lefebvre repart en campagne

Dans l’opposition en revanche, la sanction a été plutôt bien accueillie à en juger par les réactions de plusieurs élus sur Twitter. Certains, Christine Boutin en tête, se réjouissent avant tout du départ de la farouche oratrice du mariage pour tous.

Largement battu (54 %) dans sa circonscription d'Amérique du Nord par Corinne Narassiguin, l’ex-secrétaire d’État Frédéric Lefebvre (UMP) en profite, de son côté, pour retenter sa chance. Il a annoncé ce vendredi qu’il serait à nouveau candidat pour remplacer l’ex-députée PS.

"Je prends acte de la décision du Conseil constitutionnel avec sang-froid et satisfaction", a-t-il déclaré, assurant que sa "nouvelle campagne apportera des réponses à des problématiques pour tous ces Français expatriés". "Au Parlement, je veux faire entendre la voix d'une opposition ferme et constructive qui s'occupe des Français plutôt que de son nombril", a-t-il également ajouté.

Au total, sept élections sur 577 circonscriptions ont été invalidées depuis les élections de juin.