
Depuis quelques années, l'humanitaire fait l'objet d'une course effrénée, où la concurrence peut être vive. Qui contrôle ces fonds philanthropiques qui, à eux seuls, pèsent 600 milliards de dollars ? Une enquête d'Intelligence économique.
Ces dernières années, le marché de l’action humanitaire s’est développé de manière exponentielle. Aujourd’hui, les fonds à vocation humanitaire totalisent près de 600 milliards de dollars, presque autant que le fameux plan de sauvetage de l’économie américaine. Au palmarès des fondations les mieux dotées, figure à la première place celle de Bill et Melinda Gates qui pèse quelque 70 milliards de dollars.
Ces fonds se divisent en deux parties. D’un côté, les Etats, les institutions et les organisations internationales (ONU, Unicef, OMS) qui, jusqu'à récemment, détenaient le monopole de l'humanitaire. De l'autre, les fondations avec leurs représentants souvent connus du grand public comme Bill Gates ou Bill Clinton, et des structures plus anciennes comme celle de Ford ou de Rockefeller. Derrière le décor des galas et la communication, se joue un enjeu crucial : le contrôle de l’aide au développement.
L’investigation d’Intelligence économique commence à New York, où s’est déroulée, fin septembre, la réunion annuelle de récolte de fonds de la fondation Clinton.
Invité de ce numéro, Joseph Zimet, secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens combattants, a passé deux ans aux États-Unis pour étudier ces fonds et publier une étude complète sur le sujet.