Alors que les troupes de l’Otan doivent se retirer d'Afghanistan en 2014, des milices de villageois armés se forment à travers le pays pour lutter contre le retour des Taliban. Reportage dans la province de Logar, fief des insurgés.
Dans la province de Logar, au sud de Kaboul, des civils ont pris les armes il y a six mois pour lutter contre les Taliban, qui ont fait de la région leur bastion.
Ancien ingénieur de l’armée, le commandant Amman dirige désormais 200 miliciens, paysans pour la plupart, payés et armés en partie par des chefs d'entreprise de la région. Farhad, entrepreneur dans le bâtiment et frère d'Amman, affirme avoir dépensé 160 000 dollars pour armer et former le groupe d'auto-défense de son frère.
La milice dit avoir pris le contrôle de plus de 70 villages de Logar en quelques mois. Parmi les premières mesures symboliques qu’ils ont prises, ils ont rouvert les écoles de filles fermées ou détruites par les Taliban.
Des milices illégales ?
Officiellement, ces milices sont illégales. Pourtant les Américains et l’Otan ferment les yeux sur ces groupes d’auto-défense à qui ils ont délégué le soin de lutter contre les Taliban. La Coalition a même parfois financé ces groupuscules qui se sont multipliés à travers tout le pays.
Dans les régions les plus reculées, ils bénéficient du soutien de la population qui ne fait pas confiance à l’administration jugée lointaine et corrompue. Mais certains redoutent néanmoins de voir ces milices privées se maintenir au pouvoir par les armes après le départ des troupes étrangères. Un risque de plus dans ce pays déjà déstabilisé par trente ans de guerre.