
Cinq candidats défient l'actuel chef de l'État et grand favori de la présidentielle algérienne, Abdelaziz Bouteflika. Au pouvoir depuis 1999, ce dernier avait été réélu en 2004 avec 85 % des voix.
AFP - La campagne électorale pour l'élection présidentielle du 9 avril en Algérie s'est ouverte jeudi, et son principal enjeu sera de convaincre les électeurs d'aller voter en masse, pour asseoir la légitimité du chef de l'Etat sortant Abdelaziz Bouteflika, certain d'être réélu.
Cinq candidats tenteront néanmoins de s'affirmer lors des trois semaines de campagne face à M. Bouteflika, qui se prévaut de son bilan après dix années au pouvoir.
"Votez contre nous, votez même avec un bulletin blanc, mais votez", a déclaré jeudi M. Bouteflika au cours de sa première réunion publique dans les Aurès, à Batna (435 km au sud-est d'Alger), alors que la participation reste la seule inconnue du scrutin.
Vainqueur sans adversaire en 1999, réélu en 2004 avec près de 85% des voix, M. Bouteflika, 72 ans, brigue un troisième mandat et un score sans appel en faisant campagne sur le thème de la stabilité et de la continuité, avec pour slogan: "Pour une Algérie forte et sereine".
A Batna, il a promis de poursuivre sa politique d'investissements publics, avec un plan de 150 milliards de dollars sur cinq ans, et de continuer à oeuvrer pour la réconciliation nationale.
Celle-ci est "incontournable et a permis le retour à la paix", a-t-il souligné.
Si les islamistes armés entreprennent encore des actions ponctuelles dans certaines régions, la politique de réconciliation nationale mise en oeuvre au début des années 2000 a mis fin à dix ans de violences qui ont fait 150.000 morts.
M. Bouteflika a insisté sur ses objectifs: construction d'un million de logements et création de 3 millions d'emplois grâce à l'émergence de 200.000 petites et moyennes entreprises.
Le taux de participation au vote sera aussi le principal adversaire des cinq candidats qui se présentent contre M. Bouteflika en tentant de faire passer leur message.
Louisa Hanoune (Parti du travail, trotskiste), 55 ans, est la seule femme à se présenter -pour la deuxième fois - à cette élection. Connue des Algériens comme une battante, elle prévoit 40 meetings dont le premier à Blida (50 km au sud d'Alger) pour réaffirmer son slogan: "Pour une réforme économique, il faut donner la parole au peuple".
Elle prône une réforme agraire, la renaissance des entreprises publiques, la mise en valeur de la fonction publique et des investissements de l'Etat, l'instauration d'une "véritable démocratie" ou la création d'emplois stables pour les jeunes.
Si le Front national algérien (nationaliste) a remporté un certain succès aux élections locales de 2007, son candidat Moussa Touati, 56 ans, compte sur 40 réunions publiques pour convaincre les électeurs de "consacrer" l'alternance au pouvoir par les élections.
Il a entamé son périple à Tebessa, (545 km au sud-est d'Alger), une région frappée récemment par plusieurs attentats islamistes.
Djaïd Younsi (El-Islah, islamiste) était aussi à Blida pour réaffirmer son slogan "C'est votre chance pour un changement" et son programme: poursuivre la réconciliation nationale permettant "la prise en charge des victimes de la tragédie nationale", redonner sa place à l'islam, assurer la sécurité alimentaire.
Cette dernière préoccupation est aussi celle d'Ali Fawzi Rebaïne, 54 ans, déjà candidat en 2004 (1% des voix) qui a choisi Tlemcem, ville de l'ouest pour présenter un programme prônant la relance de la société civile, la réforme des institutions de l'Etat ou du système éducatif.
Enfin, le programme de Mohamed Saïd Belaïd, 62 ans, (Parti liberté et justice - PJL, non agréé) issu de l'opposition islamique, vise particulièrement les problèmes des jeunes (chômage), la défense de l'unité nationale, la relance du secteur public ou "l'ancrage de la démocratie".