
L'enquête sur la tuerie de Chevaline tourne autour de trois pistes, selon le procureur d'Annecy : le métier de l'une des quatre victimes, Saad al-Hilli, sa famille et son pays d'origine, l'Irak. "Il n’y a pas de suspect", a précisé le magistrat.
Les enquêteurs français ont décidé de concentrer leurs recherches sur trois pistes principales pour tenter d’élucider la tuerie de Chevaline, en Haute-Savoie, dans laquelle quatre personnes d'origine irakienne ont péri mercredi dernier.
"Il y a trois grands axes à privilégier : le métier, la famille, l'Irak", a déclaré le procureur Eric Maillaud lors d'une conférence de presse. “Il n'y a pas actuellement de suspect, il y a des pistes. Il y a trois pistes possibles, les hiérarchiser c'est très difficile", a-t-il souligné, admettant par ailleurs que l’enquête serait “longue et difficile”.
La première de ces “pistes essentielles” concerne un possible conflit financier entre Saad al-Hilli, le père de famille retrouvé mort parmi les victimes, et l’un de ses frères habitant comme lui en Angleterre au sujet d’un héritage. “On a des éléments” sur ce conflit dont le frère "nie l'existence", a expliqué le procureur.
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"On a la piste de la profession d'ingénieur [aéronautique, NDLR] de M.al-Hilli. Et on a la piste de l'Irak, ses origines", a-t-il poursuivi, pécisant à ce sujet ne pas savoir “comment travailler avec l'Irak de manière fiable”.
Les corps restitués aux familles
Pour faire avancer leurs recherches, les enquêteurs attendent beaucoup de l’audition de la fillette de sept ans qui a été grièvement blessée au corus de la fusillade. Celle-ci, toujours en phase d’éveil après avoir été plongée dans un coma artificiel, ne sera entendue que “quand son état de santé le permettra”, a souligné le procureur. Il a également précisé qu’il ne parlerait plus d’elle aux médias.
Le procureur Eric Maillaud a également annoncé ce mercredi que le juge d'instruction avait signé l'acte de restitution permettant aux familles de récupérer les quatre corps des défunts.
Par ailleurs, Ahmed al-Saffar, dont la soeur de 74 ans détentrice d’un passeport suédois est l'une des victimes de la tuerie de Chevaline, a diffusé un communiqué au Royaume-Uni pour appeler les médias à "respecter" la "vie privée" de la famille "en cette période particulièrement difficile".
“Nous avons le cœur brisé par ce crime choquant (et) espérons que les responsables de la mort de nos bien-aimés seront traduits rapidement devant la justice", a-t-il écrit.
FRANCE 24 avec dépêches