
Alors que Nicolas Sarkozy doit se rendre au Mexique lundi, son homologue mexicain, Felipe Calderon, n'a pas exclu un éventuel transfert de Florence Cassez (photo), la Française condamnée en appel à 60 ans de prison.
AFP - Le président mexicain Felipe Calderon a évoqué mercredi, à l'approche d'une visite au Mexique de Nicolas Sarkozy, la "possibilité" d'un transfert en France de Florence Cassez, la Française de 34 ans détenue au Mexique depuis plus de trois ans pour participation à des enlèvements et condamnée en appel à 60 ans de prison.
M. Calderon a soulevé cette hypothèse dans une interview exclusive accordée à l'AFP à Mexico.
Le président français Nicolas Sarkozy, attendu dimanche au Mexique en visite officielle, a prévu d'évoquer le cas de la prisonnière dans le but "d'obtenir son transfert" en France, a annoncé mercredi le porte-parole de son gouvernement, Luc Chatel.
En France, mardi, deux sénateurs et un conseiller général avaient demandé à M. Sarkozy "de reporter voire d'annuler" ce voyage officiel au Mexique, dénonçant "l'affront" de la justice mexicaine.
"Alors que le président français a suivi personnellement l'évolution de ce dossier, annoncer à quelques jours de son voyage officiel une telle condamnation est non seulement un camouflet pour la France, mais aussi une provocation vis-à-vis du président français", ont affirmé Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile-de-France, Alain Fouché, sénateur de la Vienne et Jean-René Lecerf, sénateur du Nord, dans un communiqué reçu par l'AFP.
M. Calderon a de son côté assuré avoir été "très attentif au processus pénal" qui a conduit à la condamnation de Florence Cassez, dans les limites des prérogatives d'un président de la République et du respect des institutions judiciaires, a-t-il souligné.
"Il existe au Mexique une garantie, l'+amparo+", a-t-il poursuivi en évoquant l'équivalent du pourvoi en cassation en l'occurrence.
"Et j'ai manifesté au président Sarkozy la disposition du Mexique à suivre les dispositions (internationales), selon lesquelles, en cas de condamnation définitive, nous pourrions étudier la possibilité que cette ressortissante française purge sa peine sur le territoire français", a-t-il souligné.
M. Calderon a insisté sur les charges qui pèsent sur Florence Cassez, interpellée en décembre 2005 dans une ferme où son ex-fiancé mexicain, Israel Vallarta, considéré comme le chef d'une bande criminelle, a avoué avoir séquestré plusieurs personnes. Le lendemain, un simulacre d'arrestation avait été organisé devant des caméras de télévision.
Florence Cassez, qui avait été condamnée à 96 ans de prison en première instance, a toujours affirmé qu'elle ignorait les activités de son ex-fiancé.
"Dans quatre cas, les victimes, et pas seulement une, de cette bande l'ont identifiée précisément comme ayant participé aux enlèvements. Ces preuves ont eu un poids juridique qui a motivé, j'imagine, le jugement en première instance puis en appel", a expliqué M. Calderon.
En France, avant l'appel de MM. Romero, Lecerf et Fouché, un groupe de députés s'était déjà mobilisé pour obtenir la libération de Florence Cassez.
M. Sarkozy avait "eu l'occasion de recevoir ses parents il y a quelques mois" et avait "montré vis-à-vis de la famille qu'il était totalement mobilisé sur le cas de leur fille", selon le porte-parole du gouvernement français.
Mercredi matin, le père de la condamnée, Bernard Cassez, a lancé un appel à M. Sarkozy pour qu'il "rentre avec elle du Mexique".