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Le Sénat adopte la loi d'austérité réclamée par Bruxelles

Les mesures d'austérité souhaitées par l'Union européenne pour sortir l'Italie de la crise de la dette ont été adoptées ce vendredi par le Sénat. Samedi, la Chambre des députés décidera ou non d'en prononcer l'adoption définitive.

AFP - Le Sénat italien a adopté vendredi un plan promis à l'UE pour réduire la dette et relancer la croissance, dans une course effrénée pour rassurer les marchés, avant le départ de Silvio Berlusconi, tandis que la Grèce attendait la composition de son nouveau gouvernement.

Le vote s'est passé sans accroc comme l'avait demandé le président italien Giorgio Napolitano aux sénateurs. Ceux-ci avaient auparavant applaudi l'arrivée en leur sein de l'ex-commissaire européen Mario Monti pressenti pour succéder au Cavaliere et nommé mercredi comme sénateur à vie.

Signe de bonne volonté des parlementaires, l'opposition de gauche et centriste s'est abstenue pour ne pas entraver le vote.

Les marchés continuaient de parier sur la désignation rapide de "Super Mario" à la tête d'un gouvernement de transition sans doute dès dimanche, par le président de la République Giorgio Napolitano, après la démission de M. Berlusconi probablement samedi.

La Bourse de Milan était optimiste et prenait près de 1,50% à 12H30 GMT, tout comme le marché obligataire où les taux italiens restaient sous la barre des 7%. Selon des opérateurs financiers, le simple fait de mentionner M. Monti "vaut 100 à 150 points de spread", l'écart entre taux italiens et allemands.

Le président français Nicolas Sarkozy a dit vendredi vouloir "défendre l'Europe de toutes ses forces", en jugeant nécessaire de "remettre sur les rails la Grèce et l'Italie", chose qui est "en train de se passer", selon lui.

Le chef du fonds de secours de la zone euro, Klaus Regling, a pour sa part appelé Rome à se dépêcher de former "un gouvernement capable de fonctionner", dans un entretien à plusieurs journaux européens.

M. Monti a été reçu pendant deux heures jeudi par le président Napolitano, devenu ces derniers jours le "deus ex machina" de la politique italienne, pour discuter de la composition de l'exécutif de transition qui pourrait prendre ses fonctions dès lundi matin.

M. Napolitano privilégie, selon les médias, un gouvernement "de large entente", soutenu par une ample majorité parlementaire, où siégeraient à la fois des ministres du PDL de M. Berlusconi et de l'opposition de gauche et centriste, jusqu'aux prochaines législatives prévues au printemps 2013.

Cette hypothèse d'un gouvernement "politico-technique" suscite toutefois de gros remous au sein du PDL du Cavaliere qui est personnellement partisan du "oui" tout comme son influent chef de la diplomatie Franco Frattini, alors que d'autres poids lourds du parti s'y opposent et réclament des élections anticipées pour clarifier le jeu politique.

Les investisseurs redoutent pour leur part une période électorale et de flottement à la tête de la troisième économie de la zone euro, un pays souvent décrit comme "trop gros pour faire faillite"

Le Corriere della Sera, l'influent quotidien de référence, a appelé le PDL à siéger avec son ennemi le Parti démocrate (gauche) dans un gouvernement d'union nationale, estimant que même si leur électorat pourrait se révolter, ces formations "auraient le mérite historique d'avoir sauvé l'Italie du précipice où elle risque de tomber".

Les mesures promises à l'UE, qui devraient être adoptées définitivement samedi à la Chambre des députés, incluent des cessions de biens étatiques (casernes, terrains) pour réduire la dette, un allègement des procédures bureaucratiques et des incitations à l'embauche pour doper la croissance.

Le gouvernement de M. Berlusconi s'était engagé à les faire approuver d'ici la fin novembre mais face aux pressions de la communauté internationale et des marchés qui ont fait s'envoler les taux italiens à 10 ans au-delà des 7%, un niveau jamais vu et insoutenable, le président Napolitano a imposé l'adoption ultra-rapide des mesures et la démission de M. Berlusconi juste après.

Ces réformes ne sont toutefois pas jugées suffisantes pour redresser les comptes de l'Italie qui ploie sous une dette colossale (1.900 milliards d'euros).

Bruxelles dont des inspecteurs étaient en mission cette semaine à Rome, presse l'Italie d'adopter aussi de nouvelles mesures d'austérité, estimant que les deux plans adoptés en juillet et en septembre pour un total de 60 milliards d'euros ne permettront pas à l'Italie d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2013.

L'Italie restait donc le gros point d'interrogation de la zone euro alors que la Grèce a réussi, après des jours de pourparlers à se doter d'un Premier ministre, le banquier central Lucas Papademos, ex-vice-président de la Banque centrale européenne, qui devait annoncer vendredi la composition de son gouvernement.