
Le Français Jo-Wilfried Tsonga s'est qualifié pour les quarts de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy après avoir battu sans difficultés l'Italien Andreas Serpi (6-3 6-4). Il affontera le numéro 1 mondial Novak Djokovic, vendredi.
AFP - Jo-Wilfried Tsonga a vécu une superbe journée jeudi à Paris-Bercy où il a gagné une qualification pour le Masters, un match sur Andreas Seppi et la perspective d'un choc croustillant contre le N.1 mondial Novak Djokovic en quarts de finale vendredi.
C'est en revanche fini pour Richard Gasquet, l'autre Français encore en lice, qui n'a rien pu faire face à un Roger Federer impérial (6-2, 6-4).
Le jeudi merveilleux de Tsonga a commencé par un grand éclat de rire dans les vestiaires lorsqu'il est tombé, juste avant son match, sur Tomas Berdych qui, en battant Janko Tipsarevic, s'est qualifié lui-même mais aussi Tsonga et Mardy Fish au Masters qui commence le 20 novembre à Londres.
"C'était marrant. Quand Berdych est revenu je l'ai félicité d'avoir gagné mais aussi de nous avoir envoyés au Masters avec Mardy. C'était spécial, on a bien rigolé", a raconté le Manceau qui ne s'est ensuite pas éparpillé pour battre Seppi 6-3, 6-4 et s'offrir une fin de tournoi potentiellement explosive.
"Etre qualifié pour le Masters c'est bien mais Londres c'est dans deux semaines. Pour l'instant j'ai encore des choses à faire ici", a-t-il dit.
Si Tsonga préfère rester concentré sur son tournoi fétiche où il s'est imposé en 2008, un an avant Djokovic, c'est parce qu'il sait à quel point la victoire y est belle mais aussi qu'il a les moyens d'en décrocher une deuxième.
A Bercy, même un N.1 mondial ne lui fait pas peur. Et encore moins lorsqu'il s'appelle Djokovic. Parce que le Serbe n'est pas à son meilleur niveau en ce moment. Et parce que Tsonga l'a battu cinq fois en neuf rencontres et surtout quatre fois sur quatre en salle, dont en 2008 à Bercy.
Djokovic a beau avoir pris une autre dimension cette année, il possède aux yeux de Tsonga "moins d'aura" que Federer ou Nadal et ne doit s'attendre à aucune marque d'allégeance de la part du N.1 français.
Leader de sa génération
D'autant que Tsonga pourra jouer libéré, après avoir rempli son grand objectif de cette fin de saison en se qualifiant pour le Masters. A l'O2 Arena de Londres, qu'il connaît pour avoir été remplaçant l'année dernière, il retrouvera le gratin avec Djokovic, Nadal, Murray, Federer, Ferrer et Berdych, déjà présents l'an dernier, et Fish, qui espérait être rétabli à temps après avoir abandonné jeudi à cause d'une élongation à la cuisse gauche.
"C'est l'aboutissement d'une belle année, a-t-il dit. Quand j'étais jeune je regardais ça avec beaucoup d'envie, c'est quand même le top du tennis mondial. On est traité comme des rois et la salle est magnifique."
Déjà présent en 2008, lorsque le tournoi se déroulait encore à Shanghai, Tsonga, qui connaîtra les trois adversaires de son groupe mardi, devient seulement le troisième Français à participer plus d'une fois au Masters après Yannick Noah (4 participations) et Henri Leconte (3).
Une particularité qui fait plus que jamais du Manceau le leader de sa génération, dont il est également le seul à avoir disputé une finale du Grand Chelem (Open d'Australie 2008) et avoir gagné un Masters 1000.
Son premier objectif à Londres sera d'atteindre le dernier carré, ce qu'il n'avait pas réussi il y a trois ans après deux défaites contre Nikolay Davydenko et Juan Martin Del Potro et une victoire, pour l'honneur, face à... Djokovic.
Le même qu'il voudra battre une sixième fois vendredi pour continuer à embellir une saison fondatrice sur le plan personnel. Sans coach depuis le printemps après sa séparation avec son entraîneur Eric Winogradsky, auquel il a rendu un hommage public jeudi, Tsonga a pris son destin en main.
Et ça lui a réussi, avec une demi-finale à Wimbledon, un quart à l'US Open et deux titres en salle cet automne à Metz et à Vienne, en attendant mieux.