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Le chef du Likoud, Benjamin Netanyahou, a accepté la proposition du président Shimon Peres de former le nouveau gouvernement. Il dispose d'un délai de 28 jours, prolongeable de 14 jours, pour obtenir l'aval du Parlement.

AFP - Le président israélien Shimon Peres a formellement chargé vendredi le chef de la droite Benjamin Netanyahu, peu enclin au compromis avec les Palestiniens, de former le nouveau gouvernement issu des élections du 10 février.

D'emblée, M. Netanyahu, 59 ans, a annoncé qu'il plaçait l'Iran en tête de ses priorités après avoir reçu de M. Peres, selon l'usage, une lettre le chargeant de former le gouvernement à la présidence à Jérusalem.

"Israël traverse une période cruciale et doit faire face à des défis colossaux. L'Iran cherche à se doter de l'arme nucléaire et constitue la menace la plus grave pour notre existence depuis la guerre d'indépendance" de 1948, a dit le chef du Likoud qui a accepté la charge.

Assuré d'une majorité de 65 députés sur 120 grâce au soutien de l'extrême droite et des formations religieuses, M. Netanyahu devra présenter son cabinet à la Knesset (Parlement), pour un vote d'investiture, dans un délai de 28 jours, prolongeable de 14 jours.

Avant cette annonce, M. Peres avait tenté en vain de convaincre le chef du Likoud et Tzipi Livni, à la tête des deux plus grands partis d'Israël, de former un gouvernement d'union dirigé par M. Netanyahu.

Mais la ministre des Affaires étrangères a écarté la participation de son parti Kadima (centre-droit) à un tel cabinet, affirmant "vouloir une solution de paix basée sur deux Etats", un Etat palestinien aux côtés d'Israël, et accusant un futur gouvernement Netanyahu, s'appuyant sur l'extrême droite, de s'y opposer.

"Les choses sont désormais claires. C'est un gouvernement sans vision politique" que M. Netanyahu va mettre en place, a déclaré Mme Livni.

"Un tel gouvernement n'a aucune valeur et je ne lui servirai pas de caution", a-t-elle ajouté après avoir annoncé la veille aux 80.000 membres du parti qu'elle entendait "aller dans l'opposition pour représenter une alternative".

M. Netanyahu a annoncé à M. Peres qu'il serait prêt à "aller loin" pour créer un gouvernement d'union où le Kadima aurait une place de choix.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé qu'il ne traiterait pas avec le prochain gouvernement israélien s'il ne s'engageait pas pour la paix, selon son porte-parole.

"Nous ne traiterons pas avec le gouvernement israélien sauf s'il accepte un règlement basé sur deux Etats, d'arrêter la colonisation et de respecter les accords passés", a déclaré à l'AFP le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina.

Catégoriquement opposé à l'origine aux accords d'Oslo avec les Palestiniens de 1993, M. Netanyahu en avait réduit la portée en accédant au pouvoir une première fois en 1996, pour trois ans, relançant à grande échelle la colonisation juive dans les territoires palestiniens.

Hostile à la création d'un Etat palestinien qui disposerait d'une réelle souveraineté, il a maintenu toutefois la flou sur ses intentions lors de sa campagne électorale.

Il a fait miroiter la perspective d'une "paix économique" -sans expliquer d'où proviendraient les fonds-, ce qui reviendrait à un régime d'autonomie élargie, alors que les Palestiniens réclament un Etat indépendant dans tous les territoires occupés depuis 1967.

La candidature de M. Netanyahu est soutenue, outre par le Likoud (27 sièges), par deux partis religieux ultranationalistes (7), le Shass ultra-orthodoxe (11), Liste unifiée de la Torah (5), et Israël Beiteinou (extrême droite), soit 65 députés.

Mme Livni ne pouvait compter que sur les 28 députés de son parti.