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Le sénateur socialiste et président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, est convoqué ce jeudi au tribunal pour des malversations présumées. Le PS l'a déjà appelé à quitter ses fonctions s'il était mis en examen.
AFP - Point d'orgue d'une affaire qui agite Marseille depuis des mois, le socialiste Jean-Noël Guérini est convoqué jeudi par deux juges d'instruction pour des malversations présumées touchant à des marchés publics et impliquant son frère Alexandre.
Il est attendu à partir de 14H00 au tribunal de grande instance de la ville par les magistrats Charles Duchaine et Pierre Philippon. Le réquisitoire supplétif délivré par le parquet le 12 août à l'encontre du sénateur et président du conseil général des Bouches-du-Rhône, vise des délits de prise illégale d'intérêt, de trafic d'influence et d'association de malfaiteurs.
Le PS, par la voix de son patron par intérim Harlem Désir, a déjà appelé M. Guérini à quitter ses fonctions s'il était mis en examen pour des faits aussi "graves". L'élu, qui clame son innocence et se montre prêt au bras de fer, a rétorqué qu'il "n'accepterait pas d'être un bouc émissaire".
Alors que son frère Alexandre, exploitant de décharges, a déjà été mis en examen fin 2010 et a passé cinq mois et demi en prison, la justice reproche à Jean-Noël Guérini, âgé de 60 ans, différents éléments.
L'un des volets de cette vaste affaire à tiroirs, dans laquelle une vingtaine de personnes sont déjà mises en cause, concerne un terrain de la Ciotat (Bouches-du-Rhône) que le conseil général a préempté en 2004, officiellement pour y protéger une plante; en réalité, selon les juges, pour servir les intérêts d'Alexandre Guérini qui y a finalement agrandi une décharge dans le cadre d'un marché de plusieurs millions d'euros.
Ecoutes téléphoniques à l'appui, la justice soupçonne aussi Jean-Noël Guérini d'être intervenu en faveur de son frère dans un litige financier qui l'opposait à l'agglomération de Salon-de-Provence, et d'avoir "toléré les immixtions sans titre" d'Alexandre dans des affaires relevant du département, "à des fins de clientélisme servant leurs intérêts communs".
Enfin, les juges reprochent au socialiste d'avoir fait obstacle à l'enquête en remplaçant des disques durs avant une perquisition au conseil général, et d'avoir recommandé à son frère de faire le ménage dans son bureau après l'avoir averti de l'enquête, deux mois après son ouverture en février 2009 sur la base d'un courrier anonyme adressé au procureur de la République.
La défense de M. Guérini a déjà fait valoir qu'il n'était pas question d'enrichissement personnel à son encontre, ni de relations avec le banditisme, alors que les investigations ont mis au jour des circuits de blanchiment d'argent dans lesquels apparaissent des sociétés liées au milieu marseillais et attributaires de marchés publics du département.