
Dans "Cairn", la montagne est le seul adversaire. © Kit presse, The Game Bakers
Cocorico ! En 2025, le jeu vidéo français s'est retrouvé en pleine lumière avec "Clair-obscur : Expédition 33". Rebelote en 2026. La première sensation de l'année se nomme "Cairn", un jeu créé à Montpellier par The Game Bakers et qui envoie les joueurs et joueuses à la conquête du mont imaginaire Kami.
La formule est pourtant radicalement différente du titre aux neuf Game Awards. Pas de magie, pas de monstres à combattre et pas de points d'expérience pour construire son personnage… Il s'agit d'un monde ouvert aussi beau qu'hostile. Un jeu de simulation d'escalade et de survie, pour reprendre les termes du studio.
Une survie verticale et impitoyable
Manettes ou clavier en main, on suit la quête d’Aava, lancée à l'assaut du mont Kami, sommet encore jamais conquis par les alpinistes. On entre dans l'univers impitoyable de la montagne, entre beauté des paysages grandioses et proximité permanente avec la chute et la mort.
Si les jeux vidéos réduisent souvent l'escalade à un simple déplacement verticale, elle est ici au cœur du gameplay. Les joueurs doivent déplacer un à un les membres d'Aava pour évoluer vers le sommet. Main après main, pied après pied, il faut trouver la bonne prise. Le tout en gérant sa nourriture, son eau et sa résistance au froid. Seul repos : les pitons en quantité limitée que l'on peut planter pour diviser une ascension en plusieurs sections.
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Accepter Gérer mes choixEntre immersion, introspection et collaboration artistique
Si ce gameplay est central, l'univers du jeu se révèle par petites touches au fil de l'ascension : messages de ses proches, découverte de traces d'une antique civilisation troglodyte, ou corps des 159 alpinistes ayant perdu la vie… La montée est une véritable introspection, façon "Kaizen".
Pour intensifier l’expérience, le jeu est avare en informations à l'écran. Par défaut, pas de jauge d'endurance. Seuls les membres tremblotants d'Aava ou le rythme de sa respiration indiquent si les mouvements tentés mettent à mal ou non le corps de notre alpiniste. Le pari est réussi : on se surprend à se crisper sur la manette quand tout se complique, avant de pousser un soupir de soulagement en découvrant une grotte protectrice lors d'un orage.
Cette immersion doit beaucoup aux talents avec lesquels le studio a collaboré. The Game Bakers a confié la direction artistique et le scénario au bédéaste Mathieu Bablet, tandis que l'univers sonore a été construit par Martin Stig Andersen et The Toxic Avenger.
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"Cairn" est déjà un succès public et critique
Présent dans la liste de souhait de la plateforme Steam de près de 700 000 personnes, "Cairn" était l'un des jeux indépendants les plus attendus de 2026. Dès sa sortie le 29 janvier, le succès a été immédiat.
Les avis de joueurs sont dithyrambiques : "'Cairn' est un énorme coup de cœur. Bien plus qu’un simple jeu d’escalade, c’est une aventure viscérale sur la résilience et le dépassement de soi", explique un avis. "C'est Ouf ! Un jeu unique, une expérience à couper le souffle, vraiment un jeu qui m'a pris aux tripes", renchérit un autre.

En 24 heures, 100 000 joueurs s'étaient déjà lancés à l'assaut du mont Kami. Le double après 72 heures. Un excellent départ qui doit faire respirer du côté de The Game Bakers. Le studio avait décidé de s'auto-éditer en investissant les revenus de ses titres précédents, "Furi" et "Haven". "On aurait pu faire un 'Furi 2'. Mais c’est parce qu’on fait des choses différentes que nous sommes si bien accueillis", juge Audrey Leprince, directrice générale du studio, dans les colonnes du Figaro.
Dans "Cairn" comme dans la vraie vie, c'est parfois le chemin escarpé et la prise de risque qui mènent au sommet.
