
Le skieur béninois Nathan Tchibozo, la malgache Mialitiana Clerc et le kényan Issa Laborde. © Studio graphique FMM
Le Comité international olympique (CIO) a dévoilé la liste des participants africains aux Jeux d'hiver organisés du 6 au 22 février à Milan-Cortina en Italie. Cette année 15 athlètes venus du continent vont concourir, représentant huit pays.
Ces chiffres représentent une augmentation significative par rapport aux Jeux olympiques de Pékin 2022, où l'Afrique était représentée par six athlètes de cinq nations. Le nombre record de 19 sportifs africains enregistrés aux Jeux d'Albertville en 1992 est cependant toujours inégalé.
"Pour un continent à cheval sur l'équateur et caractérisé en grande partie par des climats tropicaux où la glace et la neige sont rares, la présence de l'Afrique aux Jeux olympiques d'hiver reste remarquable", note ainsi le CIO. La plupart de ces sportifs ont toutefois un lien familial avec un pays enneigé de l'hémisphère nord et tout spécialement avec la France.
Les débuts du Bénin
Pour la première fois de son histoire, le drapeau du Bénin va flotter lors des Jeux olympiques d'hiver grâce au skieur alpin Nathan Tchibozo. Né en France, d'un père béninois et d'une mère togolaise, ce sportif de 21 ans a commencé le ski à l'âge de six ans dans les Alpes. Il a d'abord représenté l'Hexagone avant d'opter pour le Togo à partir de 2022, puis de choisir finalement le Bénin qui n'avait jusque là pas de fédération de ski.
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Accepter Gérer mes choixUne Malgache dans l'histoire
Après avoir été présente à Pyeongchang en 2018 et à Pékin en 2022, la Malgache Mialitiana Clerc va devenir la première athlète africaine à participer à trois Jeux olympiques d'hiver, tous sports confondus. Son parcours n'a pas été des plus simples, comme le décrit l'Express de Madagascar. Adoptée par une famille française installée en Haute-Savoie après avoir avoir été confiée à un orphelinat, elle s'est passionnée dès l'âge de cinq ans pour le ski.
Malgré ses attaches en France, elle a opté pour son pays d'origine pour poursuivre sa carrière sportive. En 2019, elle est ainsi devenue la première athlète féminine malgache à enregistrer un résultat aux Championnats du monde de ski alpin, avec une 40e place en slalom et une 50e en slalom géant.
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Accepter Gérer mes choixL'île de Madagascar sera aussi représentée en Italie par Mathieu Gravier en slalom géant. Né à Mont-de-Marsan, dans le sud-ouest de la France, il a découvert la discipline dès son plus jeune âge grâce à son père, moniteur de métier. Il était déjà présent lors des JO de Pékin sous le nom de Mathieu Neumuller.
Comme l'indique le site L'Express de Madagascar, "leur qualification a été obtenue grâce aux quotas attribués aux nations émergentes, un dispositif permettant à des pays ne disposant pas d'une tradition alpine, comme Madagascar, d'accéder à la compétition olympique".
Un Français roi du sprint au Nigeria
Le Nigeria ne compte qu'un athlète dans ses rangs. Samuel Ikpefan, engagé dans l'épreuve de ski de fond, est lui aussi né en France, à Annemasse, dans les Alpes. Ancien champion de France jeune de sprint, il a choisi de concourir pour le pays de son père lorsqu'il a compris qu'il ne pourrait pas le faire à haut niveau sous le maillot tricolore.
Il est désormais un habitué des Jeux d'hiver. Quatre ans après Pékin, il est de retour à Milan-Cortina et espère faire mieux que lors des ses précédents JO. En 2022, il avait déclaré forfait pour le 15 km classique et terminé seulement 73e au classement général du sprint libre messieurs.
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Accepter Gérer mes choixDe l'Alpe d'Huez au Kenya
L'Afrique de l'Est sera aussi représentée grâce à la participation du Kenya. Le jeune Issa Laborde, âgé de 18 ans, va concourir dans l'épreuve de ski alpin pour ce pays plus connu pour ces stars de l'athlétisme. Le sportif est pourtant né à des milliers de kilomètres de là, à l'Alpe d'Huez en France, d'un père français pisteur-secouriste et d'une mère kényane.
Passionné de ski depuis ses cinq ans, il explique sur son site officiel avoir choisi de représenter "ses racines kenyanes sur des compétitions de haut niveau" pour "faire découvrir le ski aux pays africains" et aussi partager "mon histoire inspirante, de faire rayonner mon drapeau et de mettre en lumière ma passion pour le ski alpin dans des endroits où ce sport est moins connu".
Plus rationnellement, comme beaucoup des autres athlètes africains engagés dans les JO d'hiver et disposant d'une binationalité, il a compris que c'était le seul moyen de participer à de grandes compétitions. "À 14 ans, j'ai bien vu que le niveau était relevé en France et que ça serait compliqué pour moi. Il y avait l'opportunité Kenya. On y a pensé en même temps avec ma mère", avait-il ainsi confié à La Tribune Dimanche.
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Accepter Gérer mes choixLes autres pays africains qui concourent aux Jeux de Milan-Cortina sont aussi représentés pour la plupart par des binationaux. La Guinée-Bissau sera présente pour la première fois aux JO d'hiver grâce à Winston Tang,19 ans, engagé dans l'épreuve de slalom masculin de ski alpin. Né à Park City, dans l'Utah, il est issu d'origines diverses : taïwanais , américano-guinéen et bissau-guinéen. "Ce sera la troisième nation qu'il représentera en tant que skieur alpin", précise le CIO.
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Accepter Gérer mes choixLe Maroc, qui possède des stations de ski, sera encore une fois bien présent lors de la cérémonie d’ouverture. Depuis les JO de Grenoble 1968, le royaume chérifien compte huit participations aux JO d'hiver. Cette année, il va notamment être représenté par Pietro Tranchina dans les épreuves de slalom et de slalom géant en ski alpin.
Né en Italie d'un père italien et d'une mère marocaine, Pietro Tranchina possède lui aussi la double nationalité. Alors qu'il n'avait pas réussi à percer en sélection italienne lors de son passage à la catégorie senior, il a choisi de représenter le Maroc . "J'ai fait ce choix en raison du lien qui m'unit à ma mère", a toutefois insisté le jeune homme de 22 ans au site Avvenire. "J'y vois une opportunité de faire découvrir le ski à un public toujours plus large", a ajouté le skieur qui espère atteindre le top 30 lors des JO.
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Accepter Gérer mes choixUne vraie option pour la Sud-Africaine Lara Markthaler
L'Afrique du Sud va pour sa part représenter le plus fort contingent du continent africain avec cinq sportifs, un record pour la nation arc-en-ciel. Lara Markthaler va notamment entrer dans l'histoire en devenant la première skieuse sud-africaine à participer aux Jeux olympiques d'hiver. Depuis les débuts de l'Afrique du Sud aux JO d'hiver de 1960, seules cinq femmes avaient représenté le pays, toutes en patinage artistique et en patinage de vitesse sur piste courte.
La jeune femme de 18 ans, née d'un père allemand et d'une mère sud-africaine, possède aussi une binationalité. Contrairement aux autres sportifs africains disposant de deux passeports, elle aurait pu facilement concourir pour représenter son pays natal. Mais comme elle l'a indiqué auprès d'Olympics.com, elle a fait un choix du cœur : "Quand je suis passée en catégorie senior, j'ai choisi de représenter l'Afrique du Sud. J'aime l'Afrique du Sud. La plupart de ma famille y vit et je me sens très attachée à ce pays".
"Je pense avoir déjà inscrit l'Afrique du Sud sur la carte du ski alpin, c'est certain, grâce à ma 29e place aux Championnats du monde et au fait d'être régulièrement vue dans les Alpes", a-t-elle ajouté. Grand espoir de son pays, celle qui est connue pour ses cheveux rose ne fait pas de la figuration. Ramènera-t-elle à l'Afrique sa première médaille des Jeux Olympiques d'hiver ? Elle fêtera en tout cas ses 19 ans sur les pistes. Le slalom géant ayant lieu le jour de son anniversaire.
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