
Le Premier ministre Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale pendant les débats sur les motions de censure contre le projet de loi de finances 2026, le 2 février 2026. © Bertrand Guay, AFP
L'Assemblée nationale a repoussé, lundi 2 février, les deux dernières motions de censure déposées en réaction à la décision de Sébastien Lecornu d'utiliser l'article 49.3 pour faire adopter le budget de l'État pour 2026, permettant l'adoption définitive de celui-ci. Après le vote, le Premier ministre s'est réjouit que la France ait "enfin" un budget, fruit d'un "compromis parlementaire".
La motion de censure déposée par la gauche hors PS a obtenu 260 voix, 289 étant nécessaires pour faire tomber le gouvernement, celle du RN et de son allié le groupe UDR 135.
Sébastien Lecornu s'était engagé lors de son arrivée à Matignon à l'automne à ne pas recourir à l'article 49.3 de la
Constitution permettant l'adoption d'un texte sans vote sauf en cas de censure du gouvernement. L'objectif affiché était de favoriser les débats et la recherche du compromis entre groupes politiques.
Si cette méthode a porté ses fruits sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), adopté mi-décembre
avec l'appui des socialistes, le Premier ministre a par la suite constaté l'impossibilité de parvenir à un budget de consensus susceptible de rallier les votes d'une majorité de députés.
Avant celles de lundi, quatre motions de censure avaient déjà échoué dans cette laborieuse procédure d'adoption du PLF, deux sur la partie "recettes" et deux sur la partie "dépenses".
Dans chacun de ces votes déjà provoqués par la gauche hors PS et le RN, l'abstention des socialistes, qui jugent avoir
obtenu des améliorations par rapport à la copie initiale du gouvernement, a été déterminante pour éviter au gouvernement de
Sébastien Lecornu d'être renversé.
L'issue a été identique ce lundi. Le PLF, qui avait été présenté en conseil des ministres le 14 octobre, prévoit notamment de ramener le déficit public à 5% du produit intérieur.
Avec AFP et Reuters
