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Australie : Snapchat a bloqué 415.000 utilisateurs de moins de 16 ans en deux mois
Snapchat a annoncé lundi avoir bloqué ou désactivé en deux mois 415.000 comptes d'utilisateurs âgés de moins de 16 ans en Australie depuis l'entrée en vigueur d'une loi leur interdisant l'accès aux réseaux sociaux.
Snapchat a annoncé lundi avoir bloqué ou désactivé en deux mois 415.000 comptes d'utilisateurs âgés de moins de 16 ans en Australie. © Kirill Kudryavtsev, AFP (archives)

L'Australie veut protéger les plus jeunes des dangers des réseaux sociaux. Snapchat a annoncé lundi 2 février avoir bloqué ou désactivé en deux mois 415 000 comptes d'utilisateurs âgés de moins de 16 ans en Australie depuis l'entrée en vigueur d'une loi leur interdisant l'accès aux réseaux sociaux.

"Nous continuons de verrouiller des comptes quotidiennement", a indiqué Snapchat dans un communiqué. Le réseau social souligne cependant les limites des mesures de contrôle et explique que les outils pour estimer l'âge des utilisateurs présentent une marge d'erreur de deux à trois ans.

"Dans la pratique, cela signifie que des moins de 16 ans peuvent contourner les protections, ce qui les laisse potentiellement avec moins de garde-fous, quand d'autres jeunes âgés de plus de 16 ans perdent injustement leur accès", selon le communiqué.

Snapchat suggère aux autorités australiennes d'exiger des catalogues d'applications qu'ils vérifient eux-mêmes l'âge des utilisateurs avant que les applis ne soient téléchargées, rejoignant en cela la demande du PDG de Meta, Mark Zuckerberg.

Et l'entreprise renouvelle ses critiques contre la loi australienne, largement décriée par les acteurs du secteur : Snapchat "est avant tout une messagerie utilisée par les jeunes pour rester connectés à leurs amis proches et leur famille".

"Nous ne pensons pas que couper les adolescents de ces relations les mette plus en sécurité, les rende plus heureux ou améliore leur situation de quelconque manière", a-t-elle fait valoir.

"Réduction des risques"

Plusieurs plateformes comme Snapchat, TikTok, YouTube ou encore les applications de Meta (Facebook, Instagram) doivent appliquer l'interdiction en Australie, et s'exposent à des amendes si elles ne prennent pas les mesures raisonnables pour se conformer à la loi.

Le mois dernier, la commissaire à la sécurité en ligne d'Australie, Julie Inman Grant, a déclaré que les premiers retours concernant le respect de l'interdiction étaient encourageants.

"Bien que certains enfants puissent trouver des moyens ingénieux de rester sur les réseaux sociaux, il est important de se rappeler que, comme pour d'autres lois relatives à la sécurité, il faut plutôt mesurer le succès de cette mesure à l'aune de la réduction des risques et du changement de l'état d'esprit dans notre société", a-t-elle déclaré.

Les téléchargements de plateformes moins connues comme BlueSky et Lemon8 ont bondi à l'approche de l'entrée en vigueur, mais les deux réseaux sociaux ont reconnu qu'ils devaient eux aussi appliquer la législation et qu'ils coopéraient avec le régulateur australien, a indiqué Inman Grant.

La loi australienne a eu un retentissement mondial : l'Inde a commencé à se pencher sur un projet similaire et en France, l'Assemblée nationale a voté la semaine dernière une interdiction similaire pour les moins de 15 ans, avec la volonté d'arriver à une application complète de la loi au 1er janvier 2027.

Avec AFP