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Un projet de loi proposant la création d'un poste de médiateur pour surveiller politiques et fonctionnaires est examiné par les parlementaires indiens. En conséquence, l'activiste Anna Hazare a annoncé l'arrêt de sa grève de la faim.

AFP - Le gouvernement indien a qualifié samedi de moment charnière pour la démocratie l'examen par le Parlement d'un projet de loi anticorruption et appelé le militant Anna Hazare a cesser son jeûne.

Anna Hazare cesse sa grève de la faim

Le militant indien anticorruption Anna Hazare a accepté de cesser sa grève de la faim après avoir arraché des concessions auprès des parlementaires, un accord qui met fin à une crise de douze jours ayant fortement ébranlé le pouvoir.

"Pendant 12 jours, le peuple de ce pays était ici, c'est leur victoire !", a-t-il clamé devant une foule de partisans en liesse. Le militant de 74 ans, qui a perdu sept kilos, a accepté de mettre fin dimanche à son jeûne entamé le 16 août.

"Nous sommes à la croisée des chemins (...) Le fonctionnement de la plus grande démocratie au monde se trouve à une étape cruciale", a déclaré le ministre des Finances, Pranab Mukherjee, à propos de la session extraordinaire du Parlement, réuni pour examiner le projet de loi visant à créer un poste de médiateur de la République qui devra surveiller les hommes politiques et les fonctionnaires du gouvernement.

Le ministre a également appelé le militant Anna Hazare, âgé de 74 ans, à cesser sa grève de la faim entamée il y a 12 jours, après que des médecins ont fait part de leur inquiétude pour la santé de cet admirateur de Gandhi qui a déjà perdu 7 kilos.

"Son poids continue de baisser et il est très faible", a affirmé le Dr Naresh Trehan, qui dirige l'équipe médicale chargée de surveiller M. Hazare.

Mais le militant anticorruption a déclaré à ses milliers de partisans qu'il était prêt à continuer, devant un portrait du Mahatma Gandhi, héros de l'indépendance du pays.

Sa campagne anticorruption, qui exige un renforcement des dispositions du projet de loi, a trouvé un immense écho au sein d'une population révoltée par ce fléau qui gangrène la société.

Elle fait néanmoins l'objet de critiques, notamment de Rahul Gandhi, considéré comme le potentiel futur Premier ministre de l'Inde et fils de la dirigeante du parti au pouvoir, qui juge que son action menace la démocratie.

Depuis des mois, des scandales de corruption ont défrayé la chronique, y compris au sein du gouvernement, le plus retentissant d'entre eux ayant porté sur la vente présumée frauduleuse de licences de téléphonie mobile orchestrée par l'ancien ministre des Télécommunications.
 

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