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La Fashion Week new-yorkaise s'ouvre sur fond de crise

À New York, le coup d'envoi de la semaine de la mode automne-hiver 2009-2010 va être donné dans un contexte d'austérité. L'industrie de la mode, qui emploie 175 000 personnes, est pourtant vitale pour l'économie de la Grosse Pomme.

AFP - Finies les folles soirées au champagne dans les lofts de Manhattan: la Semaine de la Mode Automne Hiver 2009-2010 démarre vendredi à New York sous le signe de l'austérité et de l'incertitude.

Le nombre de créateurs inscrits sur la liste officielle de la "Fashion Week" n'a pas vraiment diminué, et s'élève à 75 contre 80 en septembre dernier, avant l'accélération brutale de la crise qui était tout de même déjà là.

Yigal Azrouël devait donner le coup d'envoi à 11H00 vendredi (16H00 GMT) de ce grand rendez-vous de la mode, après une présentation de "robes rouges" organisée par la Fondation du Coeur (the Heart Truth) pour alerter les femmes sur les risques des maladies cardio-vasculaires.

La plupart des stylistes présenteront moins de modèles, de 25 à 30 contre les 30 à 40 pièces habituelles. Certains organisent des défilés collectifs pour faire face à des frais qui peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars en location d'espace, envoi des cartons, tarifs des mannequins, des maquilleurs et coiffeurs, organisation d'"après-parties" etc.

Parmi les inscrits, les incontournables Diane von Furstenberg, présidente de l'Association des stylistes américains (Council of Fashion Designers of America), Ralph Lauren, Donna Karan ou Calvin Klein.

Le Français Lacoste, pour qui le marché américain est très important, montre sa collection samedi matin, juste avant un nouveau venu très attendu, le couturier libanais Georges Chakra, qui a choisi New York pour présenter sa première ligne de Prêt-à-Porter.

L'"enfant terrible" de la mode américaine Marc Jacobs défile comme d'habitude loin des tentes de Bryant Park --près de Times Square-- dans une ancienne armurerie du sud de Manhattan, mais lui aussi s'est mis au goût du jour et n'a invité que 700 personnes lundi prochain contre 2.000 la saison dernière.

Puis viennent les stylistes "qui montent" comme Narciso Rodriguez, un fils d'immigrés cubains qui habillait Michelle Obama le soir de l'élection du 4 novembre dernier. Ou encore des "militantes" comme Annette Lepore ou Anna Sui, qui se battent pour la survie des ateliers de couture de Manhattan, menacés de disparition à cause des coûts de l'immobilier et du phénomène de la délocalisation.

Le maire de New York Michael Bloomberg a réaffirmé récemment l'importance de l'industrie de la mode pour la ville en annonçant le déménagement de la Fashion Week à l'automne 2010 au Parc Damrosch, dépendant du centre artistique et musical du Lincoln Center. Un contrat a été signé pour cinq ans.

L'espace de près de 9.000 mètres carrés, contre 7.000 dans Bryant Park, offrira en outre la possibilité d'organiser des événements dans les salles du Centre.

"Notre société a adopté le mot d'ordre du changement, et il est temps pour nous de changer", a expliqué le vice-président de la "Fashion Week", Fern Mallis.

"L'industrie de la mode est vitale pour l'économie de New York, elle emploie plus de 175.000 personnes et représente des milliards de dollars en salaires et revenus chaque année. Promouvoir la Fashion Week et lui assurer un succès à long terme est plus important que jamais en ces temps difficiles", a conclu le maire.