Plusieurs médias américains rapportent que des traces de l’ADN de l'ex-patron du FMI auraient été retrouvées sur le chemisier de l'employée qui l'accuse d'agression sexuelle. Une information que la police new-yorkaise a refusé de confirmer.
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Plusieurs médias américains ont rapporté lundi que des traces de l’ADN de Dominique Strauss-Kahn ont été retrouvées sur les vêtements de la femme de chambre qui l’accuse d’agression sexuelle. Citant des sources policières, le Wall Street Journal affirme que l'échantillon d'ADN de l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) correspond en effet au sperme retrouvé sur le chemisier de la plaignante, Nafissatou Diallo.
Pour le moment, ni le procureur de New York, ni la police contactés par FRANCE 24 n’ont souhaité confirmer l’information. Mais ces premiers éléments laissent penser qu'il y aurait bien eu une relation sexuelle entre la femme de chambre de l'hôtel Sofitel et le directeur général du FMI. "Si ces informations sont confirmées, elles sont très importantes pour l’accusation car l’ADN ne prouve pas seulement l’existence de relations sexuelles, mais aussi que les différents endroits où ces traces ont été découvertes permettent de corroborer le récit de la victime présumée", explique Emmanuel Saint-Martin, correspondant de FRANCE 24 à New York.
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Ils ne permettent pas en revanche de préciser si cette relation était consentie ou non. Fox News, la chaîne de télévision conservatrice, rapporte que la jeune femme a expliqué avoir repoussé Dominique Strauss-Kahn contre une armoire de la chambre d’hôtel, et que des marques correspondantes ont été retrouvées sur le corps de l’ancien ministre socialiste. "Il s’agit de l’un des nombreux éléments que l’accusation entend présenter au moment du procès", note Emmanuel Saint-Martin.
DSK clame son innocence dans une lettre au FMI
Les avocats de Dominique Strauss Kahn semblent s'orienter vers le rapport consenti. Pour le moment, ces derniers attendent les preuves de l'accusation. Mais avant même de les recevoir, Benjamin Brafman affirmait que son client allait plaider non coupable et qu'il serait acquitté. Pour mener l’enquête, les avocats ont loué les services d’une agence réputée, dirigée par un ancien procureur adjoint de New York, Guidepost Solutions. "La défense va commencer à travailler sur la victime présumée en enquêtant sur son passé. L’essentiel pour la défense dans ce genre d’affaire, où il s’agit de la parole de l’accusé contre celle de la plaignante, est de faire planer le doute sur cette dernière et sa personnalité", explique Emmanuel Saint-Martin.
DSK a, pour sa part, envoyé lundi une seconde lettre à ses collègues du FMI, dans laquelle il clame son innocence. "Je nie avec la plus grande fermeté les allégations auxquelles je dois faire face. Je suis persuadé que la vérité finira par éclater et que je serai blanchi", a-t-il écrit. Il y exprime par ailleurs "sa tristesse et sa frustration d'avoir dû quitter le FMI "dans de telles circonstances".
Pour l'instant, l'ancien directeur du FMI reste assigné à résidence, sous haute surveillance, dans son domicile provisoire du sud de Manhattan. La prochaine audience devant le tribunal de New York doit avoir lieu le 6 juin.