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L'actrice française Annie Girardot est décédée

L'actrice française Annie Girardot, qui souffrait de la maladie d'Alzheimer, est décédée, lundi, à Paris, à l'âge de 79 ans. En 2002, elle avait remporté le César du meilleur second rôle pour sa performance dans La Pianiste de Michael Haneke.

Annie Girardot, actrice dont la gouaille et l’aplomb ont marqué le cinéma et le théâtre de la seconde moitié du XXe siècle, est décédée, ce lundi, à l’âge de 79 ans. La comédienne souffrait de la maladie d’Alzheimer, avait révélé sa famille il y a cinq ans. "Elle est partie paisiblement. Maman et moi étions à ses côtés", a déclaré, lundi, sa petite-fille Lola Vogel.

La vie professionnelle d’Annie Girardot suit un mouvement de balancier entre les planches et les plateaux de cinéma. Son grand rôle comique au théâtre reste celui de Madame Marguerite, dans la pièce éponyme de Roberto Athayde, qu’elle avait interprété en 1975 au Théâtre Montparnasse, puis de nouveau en 2001 et 2002, dans une mise en scène de Jean-Luc Moreau, au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse et au festival off d’Avignon. Cette interprétation d’une maîtresse d’école, seule sur scène et prenant les spectateurs pour ses élèves, lui avait valu deux Molières, dont un d’honneur, en 2002.

Reportage télévisé datant de 1974 sur sa première version de "Madame Marguerite", où l’actrice répond aux questions les pieds sur la table (source : INA).

Annie Girardot était revenue au théâtre dans les années 1980, avec des rôles dans des classiques ("L'Avare" de Molière, dans une mise en scène de Robert Planchon au Théâtre national populaire de Villeurbanne (1986), "Le roi se meurt" de Ionesco au Théâtre national des Bouffes du Nord, sous la direction de René Dupuy (1995)) ou des pièces contemporaines ("Les Chutes du Zambèze" (1996), écrite spécialement par Daniel Soulier ou encore "Le Sixième ciel" de Louis-Michel Colla, dans une mise en scène de Jean-Luc Moreau (1998)).

La comédienne préférait personnellement le cinéma. En 2004, alors qu’elle donnait ses dernières interviews aux médias, elle avouait dans une émission de Thierry Ardisson, "être malheureuse" de ne plus être sur les plateaux de tournage.

Sa carrière sur grand écran commence à l’âge de 24 ans, dans "Treize à table" d’André Hunebelle (1955), mais c’est le rôle de Nadia dans "Rocco et ses frères" (1960), un des films phares de Luchino Visconti, qui lance véritablement sa notoriété au cinéma. Elle enchaîne ensuite les apparitions à l’écran. Elle s'illustre notamment dans des films de Marco Ferreri ("Le Mari de la femme à barbe" (1963), "Dillinger est mort" (1969)), est recrutée par Claude Lelouch ("Vivre pour vivre" (1967)), et par André Cayatte ("Mourir d'aimer", (1971)). En 1977, elle est couronnée par le César de la meilleure actrice pour son rôle dans "Docteur Françoise Gailland" de Jean-Louis Bertucelli.

Au début des années 2000, Annie Girardot a reçu une pluie de reconnaissances de la part de la profession. En 2002, l’actrice reçoit un Molière d’honneur pour l’ensemble de sa carrière au théâtre et un César du meilleur second rôle féminin pour son interprétation dans "La Pianiste" de Michael Haneke.

Son dernier rôle sur écran fut le sien. En 2007, elle a été l’objet d’un documentaire sur la maladie d’Alzheimer tourné par Nicolas Baulieu. De façon tragique, la caméra se fait le témoin d’une mémoire qui décline et d’une actrice qui oublie un passé artistique si riche.