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Christophe Blain dans la frénésie du Quai d'Orsay

, envoyée spéciale à Angoulême – Christophe Blain l'avoue : il s'agit de son "best-seller". "Quai d'Orsay", dont il est le co-auteur, est l'un des albums les plus convoités du Festival d'Angoulême. Rencontre avec un dessinateur encore totalement immergé dans son récit.

Christophe Blain1 prétend ne pas trop prêter attention aux réactions politiques, en particulier à celle de Dominique de Villepin, qu'il croque, dans "Quai d'Orsay"2, en plein exercice au ministère des Affaires étrangères.

L'album, co-écrit avec Abel Lanzac, est un best-seller des rayons bandes dessinées et l'un des albums phares de la sélection officielle du festival d'Angoulême 2011. La rencontre entre le dessinateur et l’ancien chef de la diplomatie française n'a pas eu - et n'aura pas - lieu. Ce n’est d’ailleurs pas de cela dont Blain souhaite parler.

Et la morale politique de la BD ? "On n'a pas voulu être pamphlétaire, ce n'est pas un livre à thèse." Les anti-Dominique de Villepin comme ses admirateurs projettent sur ce personnage, Alexandre Taillard de Worms, ce qu'ils aiment ou ce qu'ils détestent de l'homme politique. Christophe Blain voulait surtout que ce jeu humain à huis-clos sonne juste. "Tout est vrai en substance. On est extrêmement proche de ce que peut être la vie dans le ministère. Les scènes les plus loufoques sont le plus directement proches de la réalité. On a bien sûr dû synthétiser, rendre intelligible, mais sans affadir ni le côté tentaculaire et technique, ni la subtilité des relations humaines."

Sa plus grande surprise fut de voir les nombreux conseillers de Dominique de Villepin, dont quelques-uns figurent dans l'album, prendre l'affaire avec humour. "C'est peut-être à cause du succès de la BD, explique-t-il. Certains sont presque vexés ne pas y être. D'autres croient s'y reconnaître alors que ce n'étaient pas eux..."

Ce que le dessinateur aime surtout raconter, c'est sa rencontre, il y a quatre ans, avec Abel Lanzac, dont le personnage Arthur Vlaminck est le double dans la fiction. Quand Blain a écouté son expérience de "conseiller des langages" auprès de Dominique de Villepin - en clair, il s'occupait de lui écrire ses discours -, il a très vite compris qu'il y avait là toute la matière dramatique d'une bande dessinée cocasse : la grandiloquence, la frénésie, mais aussi la vacuité du pouvoir.

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(1) Christophe Blain a déjà été remarqué à Angoulême en 1998 avec "Hiram Lowatt & Placido", prix du meilleur premier album, puis avec "Le Réducteur de vitesse" (1999). Suivent la série "Donjon Potron-Minet" (Delcourt) avec Joan Sfar et Lewis Trondheim, les albums "Isaac le pirate" (Dargaud), dont le premier tome a reçu le prix du "meilleur album" à Angoulême en 2002, et le personnage de western "Gus" (Dargaud).

(2) "Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques". Tome 1 : "Le Conseiller". Christophe Blain et Abel Lanzac (Dargaud), 96 pages, 15,50 euros. Le tome 2 est en préparation.