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Pourquoi Anelka et Henry ne renoncent-ils pas à leurs primes du Mondial ?

On pensait l’affaire des primes des Bleus close, mais un dernier rebondissement fait revenir le dossier sur le devant de la scène. Deux joueurs, Nicolas Anelka et Thierry Henry, refusent toujours de céder leur part du gâteau. Explications.

Contrairement à ce qu’avait laissé entendre le président de la Fédération française de football (FFF), Fernand Duchaussoy, le 16 novembre dernier, tous les joueurs de l’équipe de France n’ont pas renoncé à leur prime du Mondial.

En effet, selon le quotidien Libération de ce mardi, Nicolas Anelka et Thierry Henry auraient refusé de céder leur prime estimée entre 130 000 et 150 000 euros. Au regard de leur salaire mensuel respectif - 483 333 € pour Anelka et 362 500 € pour Henry, pourquoi ces deux joueurs, qui ne font plus partie des Bleus, ne veulent-ils pas y renoncer ?

Depuis son exclusion du Mondial (suite aux insultes prononcées contre Raymond Domenech à la mi-temps de France-Mexique), Nicolas Anelka a toujours mis un point d’honneur à faire porter à la FFF la responsabilité du fiasco de Knysna. Après avoir appris que la commission chargée d’enquêter sur la grève des joueurs avait requis contre lui dix-huit matchs de suspension, il avait déclaré à France-Soir : "Pour moi, toute cette histoire de commission de je ne sais quoi est une aberration, une mascarade pour ne pas perdre la face". Du côté de la Fédération, on ne se fait guère d’illusions sur l’intention du joueur de renoncer à sa prime : "Anelka, ça m'étonnerait qu'il lâche", a déclaré une source proche de la FFF à l'AFP. "S'il y a un petit espoir, c'est plutôt du côté d'Henry," espère-t-on au siège de la Fédération. Car pour Thierry Henry, la situation est bien différente.

"Ce serait pitoyable de la part d’Henry"

"C’est difficile à comprendre. Vu qu’il vit à New York, il peut être déconnecté de la situation. Si c’est le cas, l’affaire pourra s’arranger rapidement. Sinon ce serait un immense désastre pour son image, " prévient Claude Droussent, ancien directeur des rédactions de l’Équipe et consultant pour FRANCE 24. "Après la main contre l’Irlande et le désastre du Mondial, il ne resterait alors plus rien d’un joueur qui était considéré comme le meilleur joueur français du XXIe siècle."

Pourtant la thèse de la "bouderie" du joueur qui s’était vu retirer le brassard de capitaine - suite à sa main contre l’Irlande - pourrait bien expliquer les causes de ce comportement. "Avec l’aura qu’il avait auprès des joueurs (il est le meilleur buteur de l’histoire des Bleus avec 51 buts, NDLR), Thierry Henry aurait pu faire descendre les joueurs du bus. Mais il ne l’a pas fait car il était vexé d’avoir perdu son brassard de capitaine. Ce serait donc dans cette continuité de bouderie qu’il ne lâcherait pas cette prime. Si c’est le cas, ce serait pitoyable," conclut Claude Droussent.