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Après s'être insurgé contre la rencontre entre le président Sarkozy et le dalaï-lama en décembre dernier, Pékin a exprimé le souhait de rétablir ses bonnes relations avec la France. Si Paris en prenait toutefois l'initiative.

AFP - La Chine s'est dite prête jeudi "à travailler avec la France à améliorer les relations bilatérales", mises à mal par la rencontre du président Nicolas Sarkozy et du dalaï lama en décembre.

"Nous sommes prêts à travailler avec la France pour améliorer les relations bilatérales", a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères Wu Hongbo, tout en répétant que la Chine "n'était pas responsable des difficultés actuelles".

"Les fondamentaux (de la relation Chine-France) sont toujours là, les fondements sont toujours là", a ajouté le responsable, dans les premières déclarations conciliantes vis-à-vis de Paris depuis le refroidissement brutal des relations fin novembre.

Mais il a aussi estimé que "la partie ayant causé les difficultés devrait prendre l'initiative de crééer les conditions" nécessaires à leur résolution, comme l'avait fait un peu plus tôt une porte-parole des Affaires étrangères sans fournir de précisions.

Cette dernière, Jiang Yu, avait déclaré : "Nous espérons que la France prêtera une pleine attention aux préoccupations centrales de la Chine, prendra des mesures concrètes (...) et ramènera les relations bilatérales sur la voie d'un développement sain".

"La France, je crois, sait ce qui doit être fait", a pour sa part dit Wu Hongbo.

Wu a souligné que l'amélioration des relations "était de l'intérêt des deux peuples et deux pays" et "était aussi favorable au monde entier".

"La France est un grand pays, les Français un grand peuple", a-t-il dit.

Le ministre adjoint s'exprimait lors d'une point presse consacré à la tournée la semaine prochaine en Europe du Premier ministre chinois Wen Jiabao, dont la France sera absente.

Les relations franco-chinoises ont pris un sérieux coup de froid en novembre lorsque le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, qui assurait alors la présidence tournante de l'Union européenne, a décidé qu'il rencontrerait le 6 décembre le dalaï lama, chef spirituel en exil des Tibétains et bête noire de Pékin.

Pour marquer sa colère, Pékin a annulé brutalement un sommet UE-Chine qui aurait dû se tenir à Lyon le 1er décembre.

Cette semaine, la Chine a signifié son désir de renouer avec l'UE, annonçant la visite de Wen Jiabao à la Commission à Bruxelles notamment, ainsi qu'en Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne et Suisse.

"Notre engagement envers la promotion des liens avec l'UE et ses pays membres, et pour le développement de la relation stratégique UE-Chine, n'a pas changé", a assuré Wu Hongbo.