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Les autorités iraniennes s'apprêtent à libérer sous caution la randonneuse américaine Sarah Shourd, détenue depuis plus d’un an, après plusieurs jours d'une valse-hésitation diplomatique entre Téhéran et Washington.

Sarah Shourd, 32 ans, et ses deux compatriotes Shane Bauer et Josh Fattal avaient été arrêtés le 31 juillet 2009, près de la frontière irakienne. Dimanche, le procureur de Téhéran Abbas Jafari Dolatabadi, cité par la télévision d'État iranienne, s’est dit prêt à libérer Sarah Shourd contre une caution de 500 000 dollars. La randonneuse sera libérée "dès que sa caution aura été versée", a déclaré dimanche son avocat, Me Masoud Shafii. M. Dolatabadi a en revanche précisé que la justice avait "prolongé la détention", pour une durée de deux mois, des deux compagnons de Sarah Shourd.

Cette annonce intervient après plusieurs prises de positions contradictoires des autorités de la République islamique, et des disputes de préséance au sein du régime iranien. Ainsi, le gouvernement avait annoncé jeudi que la libération "par compassion islamique" de Sarah Shourd interviendrait samedi, au lendemain de la fin du ramadan. Mais la justice avait bloqué l'opération, en affirmant que l'examen du dossier des trois Américains n'était "pas achevé".

Confinée à l’isolement

Les trois ressortissants américains sont officiellement accusés "d'espionnage" par la justice iranienne. Une accusation contestée par les familles et les proches des détenus qui affirment que le trio avait franchi à pied la frontière iranienne en provenance du Kurdistan irakien voisin, après s'être égaré pendant une randonnée en montagne. Selon des villageois, cités par l’hebdomadaire américain The Nation, les randonneurs auraient été arrêtés du côté irakien de la frontière, contrairement à ce qu’affirme Téhéran.

Pendant sa détention, l’Américaine aurait été confinée à l’isolement, a confié sa mère, Nora Shourd, à France 24 au mois de juillet. Il lui était cependant permis de s’entretenir brièvement et quotidiennement avec ses deux compagnons d’infortune, qui partageaient une cellule dans la célèbre prison d’Evin. En mai, les autorités iraniennes avaient autorisé les mères des trois Américains à leur rendre visite. La mère de Sarah Shourd avait indiqué en août que sa fille avait été diagnostiquée en phase pré-cancéreuse et souffrait de dépression.

La réapparition, le 13 juillet à Washington, du physicien iranien Shahram Amiri, qui affirme avoir été enlevé par les services secrets américains, avait relancé l’espoir de voir les randonneurs libérés.

La Maison Blanche a exigé jeudi de l'Iran qu'il relâche les détenus."Tous trois doivent être libérés immédiatement", a déclaré le porte-parole de la présidence américaine, Robert Gibbs, lors d'un point de presse, en qualifiant les prisonniers de "gamins innocents".