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Martine Aubry critique vertement la politique sécuritaire de Sarkozy

Le Parti socialiste préfère "la politique à la polémique" en matière de sécurité, a lancé Martine Aubry en clôture de l'université d'été du PS. "Nicolas Sarkozy a choisi le pugilat [...], nous choisissons les résultats", a-t-elle insisté.

Son "discours-programme" était très attendu. Lors de la clôture de l’université d’été du Parti socialiste, Martine Aubry s’est placée dans la droite lignée de ces deux jours de rassemblement à La Rochelle. La première secrétaire du PS n’a pas manqué de critiquer la politique de Nicolas Sarkozy. Multipliant les formules chocs pendant près d’une heure et demi, Martine Aubry n’a épargné ni la gestion de la crise, ni la politique sécuritaire, ni la politique internationale du président de la République.

"Le président voulait réunir, il a réussi : il réunit deux Français sur trois... mais contre lui", a-t-elle lancé dès l’ouverture de son discours devant une foule dense. Et de continuer : "Monsieur Sarkozy promettait la République de Jaurès, il a exhumé la société de Balzac." Puis, à propos de la présidence française de l’Union européenne : "Le président a oscillé entre le dérisoire et l’illusoire." Enfin, sur la question économique : "Si l’endettement et le déficit étaient un sport olympique, on aurait remporté de l’or". Dans le "Journal du dimanche", Martine Aubry avait annoncé un discours plein de "gravité et de responsabilité", il n’en a pas moins été assassin à l’encontre du gouvernement.

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Martine Aubry critique le discours sur la sécurité de la droite

"En matière de sécurité, la crédibilité a changé de camp"

Fustigeant "trois ans d’échecs, trois ans de promesses non tenues, trois ans de dérapages", Martine Aubry s’est particulièrement attardée sur la politique sécuritaire du gouvernement, un thème devenu récurrent au cours des deux jours du grand raout socialiste. "À Grenoble, le discours de Nicolas Sarkozy sur la sécurité m’a fait penser à la pièce de Becket, ‘Fin de partie’, qui commence par ‘Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir’", s’est-elle moquée, avant de dénoncer les réductions d’effectifs dans la police et les conditions de travail des forces de l’ordre.

Primaires : quels candidats ?

Les primaires du Parti socialiste - une première en France - sont prévues à l'automne 2011. Elles auront lieux en deux tours. Le dépôt des candidatures débutera en juin. Tous les Français inscrits sur une liste électorale pourront participer, moyennant un engagement de principe aux valeurs de gauche et le paiement d'un euro.

- Les candidats déclarés : François Hollande (député de Corrèze, ex-Premier secrétaire du PS de 1997 à 2008), Manuel Valls (député-maire d'Évry, très en pointe sur les questions de sécurité)

- Les candidats possibles : Pierre Moscovici (député du Doubs, proche de Dominique Strauss-Kahn), Arnaud Montebourg (député de Saône-et-Loire, rénovateur)

- Les candidats possibles et masqués : Martine Aubry (maire de Lille, patronne du PS depuis novembre 2008), Ségolène Royal (ex-candidate à la présidentielle, présidente de la Région Poitou-Charente), Dominique Strauss-Kahn (directeur général du FMI).

"Nous montrerons qu’en matière de sécurité, la crédibilité a changé de camp", a assuré la première secrétaire du PS, avouant toutefois qu’aucune réponse "miraculeuse" n’existait mais que "toutes [devaient] être conjuguées dans ce domaine". "Le président de la République a choisi la polémique, nous choisissons la politique. Le gouvernement souffle sur les braises, nous voulons les éteindre. Nicolas Sarkozy a choisi le pugilat - c’est souvent son choix -, nous choisissons les résultats", a-t-elle insisté, sous les applaudissements, avant d’annoncer un pacte de sécurité publique en octobre.

"Nous avons deux ans pour convaincre les Français"

Martine Aubry a ensuite vivement critiqué la politique menée contre les Roms et les gens du voyage, "une attitude [qui] n’est pas digne d’un président de la République". "L’image de la France est aujourd’hui écornée", a-t-elle poursuivi, après avoir rappelé les condamnations des expulsions de Roms par le Comité des droits de l’Homme de l’ONU et l’Eglise catholique.

Sans pour autant s’attarder sur un programme pour 2012 - qui devra être défini par plusieurs conventions thématiques fin 2010 et début 2011 -, Martine Aubry  a avancé les grandes lignes d’une "alternative crédible à la politique de la droite". La priorité : l’éducation, notamment comme moyen de lutte contre la délinquance. "Nous avons deux ans pour convaincre les Français", a-t-elle déclaré avant de faire un appel du pied à Europe Ecologie en rappelant : "La nature de la gauche est la diversité, il nous faut poursuivre cette dynamique."

Tout au long de son discours, la première secrétaire du PS a pris un soin particulier à parfaire l’image de parti uni que les cadres du PS se sont attachés à construire pendant deux jours. Martine Aubry a conclu son discours par un triomphal "Nous serons prêts pour 2012, nous ne décevrons pas !".

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Les primaires en route au PS
Martine Aubry critique vertement la politique sécuritaire de Sarkozy