
Tony Blair, émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, a annoncé lundi depuis Le Caire que le cadre général d'un accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza avait été déterminé. Il espère sa mise en pratique dans les prochains jours.
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Le cadre général d’un accord de cessez-le-feu a été déterminé, a affirmé Tony Blair, représentant du Quartette pour le Proche-Orient. "Les éléments d'un accord de cessez-le-feu immédiat sont là. Je pense qu'on y travaille maintenant très intensément dans les détails", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
"C'est une phase sensible et délicate de cette négociation mais j'espère que cela va porter ses fruits et, je l'espère, bientôt", a-t-il ajouté
L’ancien Premier ministre britannique s’est rendu lundi en Egypte pour y entamer des négociations avec le président Egyptien Hosni Moubarak, portant notamment sur la lutte contre la contrebande entre Gaza et l’Egypte et sur l’ouverture des points de passages dans le territoire palestinien. Une délégation du Hamas s’est également déplacée pour évoquer le plan de paix égyptien.
“La délégation du Hamas sait que l’Egypte, l’Autorité palestinienne, Israël et beaucoup d’autres parties impliquées dans les négociations, voudraient que le Hamas accepte un déploiement de soldats le long de la frontière entre Gaza et l’Egypte", analyse Ygal Saadoun, correspondant FRANCE 24 au Caire.
Aucun représentant israélien n’a cependant assisté à la réunion. Amos Gilad, haut responsable du ministère de la Défense israélien, a repoussé sa rencontre avec le chef des services de renseignements égyptiens, Omar Souleimane, homme-clé des négociations.
Une conférence de donateurs
Par ailleurs, la présidence tchèque de l'UE entend organiser une conférence de donateurs pour répondre aux besoins humanitaires de la population de la bande de Gaza, a annoncé, lundi, le ministère tchèque des Affaires étrangères sans préciser de lieu ni de date. "La présidence tchèque est prête à endosser cette mission aussi rapidement que possible", peut-on lire dans le communiqué. De plus, le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a plaidé en faveur du déploiement d'une force internationale dotée d'un "mandat robuste" afin de garantir un cessez-le-feu à Gaza, jugeant "inacceptable" la poursuite des hostilités.
Cependant, Israël et le Hamas ne semblent pas prêts à poser les armes. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a menacé le Hamas de "se heurter à la main de fer du peuple israélien" si les tirs de roquettes palestiniennes se poursuivent. "Nous mettrons fin à l'opération quand deux conditions seront remplies : la fin des tirs de roquettes et la fin du réarmement du Hamas", a-t-il indiqué au cours d'une visite dans le sud d'Israël.
Pour sa part, le Premier ministre du gouvernement islamiste à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a affirmé durant une intervention télévisée "se rapproche[r] de la victoire". "Le sang pur qui a coulé n'a pas coulé en vain car il nous apportera la victoire grâce à Dieu", a-t-il lancé.
Dimanche, le dirigeant politique du Hamas, Khaled Mechaal, a déclaré que son mouvement n'envisagerait pas de trêve tant qu'Israël ne cesserait pas ses opérations militaires et ne lèverait pas le blocus imposé à la bande de Gaza.
Toutefois, Annette Young, correspondante de FRANCE 24 à Jérusalem, précise : “Il semblerait, selon les services secrets israéliens, qu’il y ait des divergences au sein de la direction du Hamas, entre ceux qui sont sous les bombardements à Gaza et la direction politique en exil à Damas”, où Khaled Mechaal est basé.
La population en a “ras le bol”
Les Gazaouis ont, eux aussi, commencé à exprimer des opinions “négatives” au sujet du Hamas, rapporte le correspondant FRANCE 24 à Gaza, Radjaa Abou Dagga. Il cite des Palestiniens : “Le Hamas se comporte plus comme un parti politique que comme un gouvernement.” La population en a “marre” de faire six heures de queue pour acheter du pain, un bien souvent réservé à ceux qui possèdent des coupons distribués par le Hamas."
Sur le terrain, les combats se poursuivent dans la périphérie de Gaza et les bombardements s’intensifient aux alentours du terminal de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. "Il y a des bâtiments en feu partout, des explosions, témoigne Radjaa Abou Dagga. Les F16 ont lancé des bombes très lourdes qui causent beaucoup de dégâts. Une association du Hamas a été bombardée, elle se trouve dans un quartier très peuplé."
Lundi, Radjaa Abou Dagga a confirmé la mort de 10 Palestiniens, dont deux femmes et trois enfants, la nuit dernière dans la ville de Gaza. Depuis le début de l’offensive israélienne le 27 décembre, au moins 900 Palestiniens ont été tués, dont 275 enfants et environ 3 900 blessés, selon des sources médicales à Gaza. Dix soldats israéliens et trois civils sont morts dans les combats ou lors d’attaques de roquettes. Les militants palestiniens ont lancé au moins 700 roquettes sur Israël.
Tsahal a réduit le nombre de raids dans le territoire palestinien, bombardant douze cibles, contre une quarantaine par nuit en moyenne depuis le début de l’offensive.
Deux navires, prêts à délivrer de l’aide humanitaire pour la bande de Gaza, s’approchaient des côtes, lundi. Un bateau vient d’Iran tandis que l’autre, qui transporte des médecins, des députés européens et des journalistes, a levé l’encre à Chypre. Le mois dernier, la marine israélienne avait empêché un navire du même type d’accoster.
Division au sein du cabinet de sécurité israélien
Dimanche, un porte-parole de l'armée israélienne a annoncé l’envoi de plusieurs milliers de réservistes à Gaza en renfort. Pour Lucas Menget, envoyé spécial de France 24 à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, "c’est le signe que l’armée israélienne a besoin d’hommes sur le terrain et s’apprête à donner l’assaut final".
"Ce renfort de réservistes pourrait être le prélude de la fameuse phase 3 : l’entrée de l’armée israélienne plus à l’intérieur des villes de la bande de Gaza", confirme Marc de Chalvron à Jérusalem. La phase 3 consiste à pénétrer plus à l’intérieur des villes, et notamment la ville de Gaza, pour traquer les militants armés.
Cependant la classe politique israélienne semble divisée sur l’opportunité d’augmenter l’intensité des combats. Selon des sources politiques, le ministre de la Défense Ehud Barak et la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni se sont opposés au déclenchement de cette phase 3, préconisant même un arrêt de l’opération "Plomb durci", alors que le Premier ministre démissionnaire Ehud Olmert, et l’état-major de l’armée, seraient favorables à la poursuite de l’opération.
Les analystes israéliens ont décrit l’actuelle stratégie, à savoir le déploiement de nouvelles troupes que l’armée israélienne refuse d’appeler phase 3, correspond à "une phase 2,5". Les deux parties savent que la scène diplomatique changera une fois que le président élu américain Barack Obama sera investi dans ses nouvelles fonctions le 20 janvier. Dans une interview dimanche, Obama a déclaré qu’il s’impliquerait dans le dossier dès qu’il s’installera dans le Bureau Ovale.
"Ce que je suis en train de faire en ce moment, c'est mettre en place une équipe pour que, dès le premier jour, nous disposions des meilleures personnes possibles qui pourront s'engager immédiatement dans le processus de paix au Proche-Orient dans son ensemble", a-t-il affirmé.
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