
Le procès du photographe François-Marie Banier, s'ouvre ce jeudi. Il est accusé d'abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal et femme la plus riche de France, qui lui avait fait don d'un milliard d'euros.
AFP - Le procès de François-Marie Banier, accusé d'abus de faiblesse sur la milliardaire Liliane Bettencourt, doit s'ouvrir jeudi à 9H30 devant le tribunal de Nanterre mais la justice pourrait décider son renvoi dès le début de l'audience en raison des récents rebondissements de l'affaire.
Accusé d'avoir profité de la fragilité psychologique de l'héritière de L'Oréal pour se faire remettre près d'un milliard d'euros de dons, le photographe des stars, 63 ans, doit comparaître du 1er au 6 juillet devant la 15e chambre du tribunal correctionnel. Il risque 3 ans de prison et 375.000 euros d'amende.
Le tribunal pourrait toutefois décider de reporter le procès, alors que la découverte d'enregistrements clandestins de conversations entre Liliane Bettencourt et ses proches, effectués par son ancien maître d'hôtel entre mai 2009 et mai 2010, a viré à l'affaire d'Etat.
L'avocat du photographe, Me Hervé Témime, a ainsi demandé "à la fin de la semaine dernière" le renvoi de l'audience, précisant mardi à l'AFP avoir reçu "les premières retranscriptions des écoutes", communiquées mi-juin à la police par la fille unique de la milliardaire, Françoise Bettencourt-Meyers.
Jugeant cette demande de renvoi "légitime", l'avocat de Mme Bettencourt-Meyers, Me Olivier Metzner, a assuré qu'il ne s'y opposerait pas. "Ce qui m'importe, c'est la totale vérité et la totale transparence", a-t-il affirmé, en référence aux informations des enregistrements.
Révélés par Mediapart et Le Point, ces derniers suggèrent une fragilité psychologique de la milliardaire, mais aussi des opérations destinées à échapper au fisc, des immixtions de l'Elysée dans la procédure judiciaire et des liens troubles entre la milliardaire et le ministre du Travail Eric Woerth et son épouse Florence.
Ces révélations ont entraîné une vaste polémique politique et judiciaire, mettant en difficulté Eric Woerth, accusé de conflit d'intérêts dans cette affaire. Soutenu par l'Elysée, ce dernier a assuré n'avoir rien à se reprocher, se voyant en "cible politique".
Dans ce contexte délétère, seul François-Marie Banier, qui récuse les accusations d'abus de faiblesse, devrait être présent jeudi matin lors de l'ouverture de l'audience.
La milliardaire, qui nie avoir été "sous la coupe" du photographe, et sa fille, à l'origine des poursuites contre M. Banier, ne feront pas le déplacement, ont indiqué leurs avocats.