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RéessayerLe président américain, Donald Trump, a encouragé, mardi 13 janvier, les manifestants en Iran à poursuivre leur mouvement en cours depuis le 28 décembre, lancé au départ pour dénoncer la vie chère.
Le locataire de la Maison Blanche, qui a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement contre la République islamique si des manifestants étaient tués, a même promis que "l'aide" arrivait.
"PATRIOTES IRANIENS CONTINUEZ A MANIFESTER - PRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS!!!", a-t-il écrit sur son réseau Truth social, disant avoir "annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s'arrêtaient pas".
La veille, La Maison Blanche avait affirmé que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option". Et Donald Trump avait annoncé des sanctions douanières contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25 %, prenant effet "immédiatement".
La répression a fait au moins 734 morts, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s'élever à plusieurs milliers.
De nouvelles vidéos, authentifiées par l'AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux d'une scène qui avait déjà émergé, montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale.
Les autorités iraniennes ont annoncé la tenue, mercredi, d'une énorme cérémonie funéraire à Téhéran en l'honneur des "martyrs" des derniers jours, en faisant essentiellement référence aux forces de l'ordre.
Les condamnations internationales ont afflué mardi : l'ONU s'est dit "horrifié" par la "répression"; la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé un bilan "effroyable" de morts et promis que de nouvelles sanctions contre Téhéran allaient être "rapidement" proposées aux 27.
L'UE et des capitales européennes dont Paris, Berlin et Londres ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la "répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations" depuis des années, des mots de la cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper.
"Tueries à grande échelle"
L'Iran reste privé d'internet depuis jeudi dernier, soit plus de 120 heures. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression.
L'IHR évoque 10 000 arrestations. Des rapports crédibles font état "de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays", affirme l'ONG Human Rights Watch.
"La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard", relate Kian Tahsildari à Istanbul, reprenant le témoignage de ses amis à Mashad (nord-est de l'Iran).
Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.
Dans la capitale, les forces de sécurité étaient moins visibles aux principaux carrefours de la ville qu'en fin de semaine dernière, au plus fort des manifestations.
Les journaux faisaient leur une sur les rassemblements massifs de la veille organisés à l'appel du pouvoir, le quotidien ultraconservateur Kayhan titrant sur "l'humiliation historique" infligée selon lui à l'Amérique et à Israël.
Les médias d'État diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux dizaines de membres des forces de sécurité" victimes du terrorisme" ourdi, selon le pouvoir, par Israël et les États-Unis.
"Opérations terroristes"
Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des "émeutiers" pilotés par l'étranger d'être à l'origine des violences.
Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al-Jazeera que la décision de couper l'internet avait été prise en raison "d'opérations terroristes" dont "les ordres venaient de l'étranger".
"Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts", a-t-il ajouté.
Âgé de 86 ans, l'ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d'importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.
Mais ces manifestations "représentent sans doute le défi le plus sérieux" pour le guide suprême "depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites", relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences-Po.
Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l'immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des Gardiens de la Révolution, où aucune division n'est apparue pour le moment.
Le peuple, "sans défense", a besoin de la communauté internationale, a lancé mardi le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d'or du festival de Cannes.
Avec AFP
