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"Le budget est à portée de main", affirme Roland Lescure devant les députés
Le ministre de l'Économie a estimé, mardi, face aux députés, qu'il était encore possible de trouver des compromis pour doter la France d'un budget en 2026. L'Assemblée nationale, qui avait rejeté à la quasi-unanimité le texte en première lecture, a entamé la seconde lecture du projet de loi de finances en repartant de la version du Sénat.
Le ministre français de l'Économie, Roland Lescure, le 13 janvier 2026, à l'Assemblée nationale. © Ludovic Marin, AFP

Le budget de l’État est de retour à l’Assemblée nationale et celui-ci "est à portée de main", a assuré, mardi 13 janvier, aux députés, le ministre de l'Économie et des Finances Roland Lescure, alors que l’Hémicycle se penche pour la deuxième fois sur le projet de loi de finances pour 2026.

"L'urgence est de s'accorder sur le fond, un dernier effort est nécessaire : une grande partie d'entre vous souhaitent y arriver, a-t-il ajouté, mettons-nous d'accord, réduisons les dégâts, et permettons à la France d'avancer".

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Le discours du ministre a duré à peine plus de cinq minutes, dans un hémicycle où peu croient que le budget puisse être adopté sans que le gouvernement use de l'article 49-3 ou le fasse passer par ordonnances. Les députés, qui avaient rejeté à la quasi-unanimité le texte en première lecture, sont repartis mardi de la version du Sénat.

Roland Lescure a cependant souligné qu'il n'était pas possible de rester indéfiniment sous le régime de l'actuelle "loi spéciale" qui reconduit temporairement dépenses et recettes de l'année précédente, car "elle pénalise l'économie, et n'est pas à la mesure des bouleversements mondiaux qui se sont accélérés au cours des derniers jours", a-t-il dit.

Elle "maintient l'incertitude" et "aggrave nos finances publiques" puisque le déficit prévu par le texte – tel qu'il a été voté au Sénat en décembre – atteint "près de 5,4 % du PIB, ce qui est parfaitement inacceptable".

"Nous sommes de nouveau capables d'arriver à un compromis"

"Nous devons préserver la confiance des investisseurs", a ajouté le ministre, remarquant que la France doit lever "310 milliards d'euros sur les marchés cette année".

Sans budget, pas de hausse des dépenses de défense de 6,7 milliards cette année, a-t-il encore relevé, tandis que "l'absence de budget prive nos entreprises d'un cap".

Roland Lescure a cependant jugé que les discussions entre partis des derniers mois, et même "des dernières heures", ont été "extrêmement utiles".

"Nous nous sommes écoutés, cette clarification de nos positions demandait du temps, l'heure est désormais aux solutions", a-t-il assuré, se disant convaincu qu'après l'adoption de justesse du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), en décembre, "nous sommes de nouveau capables d'arriver à un compromis sur ce budget", à "un texte acceptable pour une majorité d'entre vous, même si, évidemment, personne n'en sera totalement satisfait".

Motions de censure

Roland Lescure a enfin rappelé que le texte final devrait limiter le déficit public à 5 % du PIB maximum, et "partager l'effort entre les acteurs économiques".

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a ensuite estimé à son tour que "la méthode du compromis fonctionnait" et que "c'est la seule qui permette, dans une Assemblée fragmentée, de continuer à avancer". Il reste cependant, selon elle, "trois grands sujets sur lesquels ils doivent "encore rapprocher les positions".

Elle a énuméré "le financement des collectivités" pour lequel à son sens "le travail de convergence qui est devant [eux] est le plus important. C'est pourquoi le gouvernement appelle les articles sur ce sujet dès ce soir", celui des 'dépenses d'avenir', jeunesse, enseignement, recherche, transition écologique ou logement, enfin celle du pouvoir d'achat".

Évoquant enfin les motions de censure qui seront débattues mercredi, à l'instigation du Rassemblement national et de La France insoumise, Amélie de Montchalin a considéré que "le danger" pour le pays était "de préférer la censure au compromis, le chaos à la responsabilité, l'impasse au travail".

Avec AFP