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David Cameron prépare l'opinion à des mesures d'austérité "douloureuses"

Dans un discours prononcé ce lundi, le Premier ministre a dépeint un tableau très sombre de la situation des finances publiques. Il a précisé que la réduction du déficit de 156 millions de livres exigera des décisions "capitales".

REUTERS - Le Premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré lundi que les difficultés budgétaires du Royaume-Uni étaient bien supérieures à ce qu'il avait anticipé et il a cité la Grèce comme exemple des conséquences de l'inaction en la matière.

Le nouveau locataire du "10, Downing Street" a peint un tableau bien sombre de la situation des finances publiques du pays, à moins de deux semaines de la présentation d'un collectif budgétaire dans lequel la coalition au pouvoir dévoilera les mesures qu'elle entend mettre en oeuvre pour réduire un déficit qui représente 11% du produit intérieur brut (PIB).

Sans dire explicitement quels seraient les secteurs les plus touchés par les coupes budgétaires à venir, David Cameron a mis les difficultés britanniques sur le compte des travaillistes.

"La Grèce est l'exemple de ce qui arrive aux pays qui perdent leur crédibilité ou dont les gouvernements prétendent que les décisions difficiles peuvent êtres évitées d'une manière ou d'une autre", a-t-il dit dans un discours prononcé à Milton Keynes, dans le centre de l'Angleterre.

Le Labour accusé

"Je veux, pour le pays, comprendre pourquoi l'ampleur du problème est encore plus importante que ce nous pensions", a-t-il dit, ajoutant que la structure de la dette signifiait que le retour à la croissance économique ne suffirait pas à lui seul à résoudre le problème.

David Cameron a estimé que les dépenses publiques avaient bien trop augmenté durant la période lors de laquelle le Labour était au pouvoir.

"Selon les calculs du dernier gouvernement, d'ici cinq ans, l'intérêt que nous payons sur notre dette, l'intérêt seul, devrait représenter environ 70 milliards de livres (85 milliards d'euros). C'est proprement stupéfiant."

Il a ajouté que l réunion du G20 ce week-end en Corée du Sud avait donné son feu vert aux mesures prises par le nouveau gouvernement.

Entré en fonctions le mois dernier, celui-ci a déjà annoncé des mesures de diminution des dépenses publiques portant sur six milliards de livres, afin d'amorcer la réduction d'un déficit qui a atteint 156 milliards lors de l'exercice achevé en avril.

LA CROISSANCE MENACÉE

L'opposition travailliste juge de son côté que les mesures annoncées par le gouvernement Cameron menacent une reprise déjà fragile et risquent de précipiter la Grande-Bretagne dans une nouvelle récession.

David Cameron a de son côté admis que ses décisions pourraient entamer la confiance que lui accordent ses électeurs.

Le successeur de Gordon Brown dirige la première coalition gouvernementale depuis 1945 aux côtés des libéraux démocrates.

Accompagné par le ministre du Trésor Danny Alexander, David Cameron a déclaré que la coalition permettrait de gagner la confiance du public, disant qu'il y avait "deux partis ensemble face au peuple britannique".

Alan Clarke, économiste de BNP Paribas, a jugé naturel pour qu'un nouveau gouvernement attribue au précédent la responsabilité des difficultés.

A ses yeux, le message de fond de David Cameron est clair.

"Le durcissement budgétaire, les réductions de dépenses et la hausse de la fiscalité vont peser sur la croissance et sur le revenu disponible. Cela va freiner la croissance, ce qui freinera l'inflation. Ce ne sera agréable pour personne", a-t-il dit.

Le ministre des Finances, George Osborne, et Danny Alexander doivent dévoiler mardi une évaluation des dépenses pour cette année.

Le Trésor devrait en outre ouvrir des consultations sur les dépenses publiques avec le secteur privé, les organisations non-gouvernementales ou encore les syndicats.