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Les combats font rage, les appels au cessez-le-feu se multiplient

Alors que le Hamas et Tsahal s'affrontent à Gaza, Nicolas Sarkozy a réclamé, aux côtés du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, l'instauration d'une trêve humanitaire provisoire.

Posez vos questions à nos journalistes envoyés en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Et regardez le reportage de notre correspondant à Jérusalem: "La Cisjordanie se sent trahie par ses dirigeants".

Alors que les chars israéliens pénétraient dans la ville de Gaza, dans la soirée de lundi, l'Etat hébreu a de nouveau rejeté la possibilité d’un cessez-le-feu réclamée par la communauté internationale, qui s’active pour tenter de mettre un terme à l’offensive israélienne et aux tirs de roquettes du Hamas.


La ville de Gaza est devenue le théâtre de violents affrontements entre l’armée israélienne et le Hamas. "On constate une nouvelle escalade de la violence depuis deux heures, confirme Radjaa Abou Dagga, un des rares journalistes présents dans la bande de Gaza. Les habitants de Gaza fuient leur maison, ils ne savent pas où aller, les familles se croisent, c’est la panique". Tsahal est également en train de bombarder l’aéroport de Rafah, déjà la cible de bombardements ce week-end.

"La situation humanitaire est catastrophique, raconte Tarek Abdel Chafi, professeur à l’université de Palestine à Gaza. Il y a un raid toutes les dix minutes. La situation sécuritaire est très risquée au point que le consulat français a renoncé à nous faire évacuer."
 

Des Palestiniennes pleurent la mort d'un proche à l'hôpital al-Shifa à Gaza (Photo AFP - Mohammed Abed) .



Les hôpitaux de Gaza manquent de tout. "Les opérations chirurgicales ont lieu dans les couloirs des hôpitaux ", poursuit Tarak Abdel Chafi. Depuis le début de l'offensive, au moins 520 Palestiniens ont été tués, dont plus d'une centaine de civils et plus de 2 500 blessés. Côté israélien, un bilan officiel fait état d'un soldat tué et de 55 blessés depuis le début de l'offensive terrestre.


"Nous voulons un cessez le feu"


Le président français Nicolas Sarkozy en visite, lundi, à Ramallah, en Cisjordanie, où il a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a appelé à la fin du conflit en condamnant dans un premier temps l’offensive terrestre israélienne. " Les violences doivent cesser et l'acheminement de l'aide humanitaire doit être facilité", a-t-il indiqué. "Nous voulons un cessez-le-feu", a-t-il lancé au nom de l’Union européenne.


Le numéro un français a également interpellé le Hamas. "Le Hamas, en décidant de mettre fin à la trêve et en reprenant les tirs de roquettes sur des populations civiles d'Israël, a agi de façon irresponsable et impardonnable", a-t-il dit.

Le Hamas l'a accusé en retour de "partialité totale" en faveur d'Israël. Interrogé par France 24, le vice-ministre des Affaires étrangères du Hamas, Ahmed Youssef, s'est dit prêt à cesser les combats : "Nous sommes prêts à accepter un cessez-le-feu si les Israéliens arrêtent leur agression et le siège de Gaza", a-t-il indiqué depuis la bande de Gaza.


Pour sa part, Mahmoud Abbas, attendu à l'ONU à New York mardi, a appelé à la fin "immédiate et sans condition" de l'offensive.


Comme il l'avait fait en août lors du conflit russo-géorgien, Nicolas Sarkozy doit rencontrer en 36 heures les principaux acteurs de la région, à l'exception du Hamas, avec l'ambition d'obtenir une trêve humanitaire. "Il n’y aura pas de cessez-le-feu, commente David Crossan, spécialiste politique à FRANCE 24. La situation est totalement différente de celle qui prévalait dans le Caucase l’an dernier”.
 

Itinéraire de Nicolas Sarkozy au Proche-Orient.



La déclaration de la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, après sa rencontre avec des diplomates européens à Jérusalem, laisse, en effet, peu d’espoir. "Nous combattons le terrorisme et nous ne passerons pas d'accord avec le terrorisme" a-t-elle affirmé, faisant référence aux islamistes du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza depuis juin 2007.



"Tout cessez-le-feu doit comporter des conditions"


Une délégation du Hamas, composée de deux membres du bureau politique du Hamas basés à Damas, est arrivée lundi au Caire pour discuter, mardi, avec des responsables égyptiens des moyens de mettre fin à la guerre à Gaza et de lever le blocus israélien.

De plus, les présidents russe Dmitri Medvedev et palestinien Mahmoud Abbas ont appelé à "un cessez-le feu immédiat" dans la bande de Gaza lors d'un entretien téléphonique, a indiqué le Kremlin lundi.


La branche militaire du Hamas a affirmé lundi que des "milliers" de ses combattants étaient prêts à combattre l'armée israélienne dans les rues de la bande de Gaza. "Nous vous avons préparé des milliers de braves combattants qui vous attendent à chaque coin de rue, et vous accueilleront avec du feu et du fer", a affirmé Abou Obeida, le porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam, dans une intervention télévisée sur la chaîne du Hamas, Al-Aqsa.


De son côté, George W. Bush, qui se montre très discret sur le dossier, a déclaré que "tout cessez-le-feu doit comporter des conditions pour que le Hamas ne se serve pas de Gaza pour tirer des roquettes". Interrogé sur la situation à Gaza, le futur président Barack Obama s'est dit particulièrement préoccupé : "Je continue d'insister sur le fait qu'en matière d'affaires étrangères, il est très important d'adhérer au principe d'une unicité de la présidence", a-t-il dit.


Pour sa part, Nicolas Sarkozy s'est rendu, lundi soir, à Jérusalem pour rencontrer le Premier ministre israélien Ehud Olmert. Mardi matin, il se rendra en Syrie puis au Liban, terme de sa tournée.


Par ailleurs, les tirs de roquettes continuent de tomber sur Israël. Des groupes armés palestiniens ont tiré 32 roquettes depuis dimanche soir sur Israël, faisant quatre blessés légers, selon un nouveau bilan étable lundi par la police israélienne.


Sophie Claudet, envoyée spécial à Sderot, témoigne : "Une roquette vient juste de tomber sur le marché central, dit-elle. Heureusement, il n’y a pas de morts ni de blessés. La ville est en état d’alerte. La population soutient massivement l’offensive israélienne et déplore même qu’elle intervienne si tard."

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