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La justice britannique juge l'interdiction de Palestine Action "disproportionnée"
Au Royaume-Uni, la justice a estimé que l'interdiction par le gouvernement britannique du groupe militant Palestine Action, classé terroriste en juillet, était "disproportionnée" et a porté atteinte à la liberté d'expression. Le gouvernement a fait appel. 
Des policiers arrêtent un manifestant devant le ministère de l'Intérieur lors d'une manifestation de Palestine Action à Londres, le 24 novembre 2025. © Kirsty Wigglesworth, AP

La justice britannique a estimé vendredi 13 février que l'interdiction par le gouvernement du groupe propalestinien Palestine Action en 2025 était "disproportionnée", donnant raison à ses partisans, interpellés par centaines lors de manifestations.

L'interdiction du mouvement, classé terroriste en juillet dernier, reste cependant en vigueur pour l'instant.

Le ministère de l'Intérieur a immédiatement annoncé son intention de faire appel. 

La décision de classer ce groupe comme terroriste et de l'interdire, prise en juillet 2025, "s'est traduite par une atteinte très substantielle aux droits à la liberté d'expression et à la réunion", a estimé la juge Victoria Sharp lors de la lecture d'un résumé de la décision à Londres.

Elle a cependant ajouté que l'interdiction du mouvement restait en vigueur jusqu'à nouvel ordre, et donné jusqu'au 20 février aux deux parties pour soumettre de nouveaux arguments juridiques.

À l'annonce de la décision, des dizaines de partisans de Palestine Action ont explosé de joie devant le tribunal. "Nous avons gagné", s'est réjouie sur X Huda Ammori, la fondatrice de l'organisation.

Revers pour Keir Starmer

Ce jugement est un revers pour le gouvernement travailliste de Keir Starmer, dont la décision avait été vivement critiquée par le Haut commissaire aux droits de l'homme et le Conseil de l'Europe.

L'exécutif travailliste avait classé Palestine Action comme terroriste - au même titre qu'Al-Qaïda, le Hezbollah ou l'Armée républicaine irlandaise (IRA) - peu après une intrusion et des actes de vandalisme sur une base de l'armée de l'air britannique, portant selon lui atteinte à la sécurité nationale.

"La nature et l'ampleur des activités de Palestine Action relevant de la définition du terrorisme n'ont pas atteint le niveau, l'ampleur et la persistance justifiant une interdiction", a cependant estimé la juge.

Près de 3 000 personnes, dont certaines âgées de plus de 80 ans, ont été arrêtées et des centaines d'autres inculpées pour avoir manifesté leur soutien à Palestine Action lors de manifestations depuis juillet.

Avec AFP