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Gleizes, OQTF, coopération... le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez va se rendre en Algérie
Le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez se rend en Algérie lundi et mardi prochains afin d'évoquer plusieurs sujets épineux : le cas de Christophe Gleizes, journaliste sportif français arrêté en mai 2024 en Algérie, l'admission des ressortissants algériens sous OQTF, ou encore le renseignement en matière de lutte contre le terrorisme.
Laurent Nuñez à Saint-Denis, le 13 novembre 2025. © Ludovic Marin, AP

La question des OQTF, la lutte contre le terrorisme, le cas de Christophe Gleizes : le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sera en Algérie lundi et mardi pour évoquer ces épineux sujets dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre les deux pays.

Annoncé depuis plusieurs mois, ce déplacement sensible a finalement été confirmé par l'entourage du ministre à l'AFP jeudi 12 février. Laurent Nuñez et son homologue algérien se sont même longuement entretenus par téléphone dans l'après-midi pour préparer cette visite, attendue comme un premier signe de dégel des deux côtés de la Méditerranée.

Il y a quelques jours, "le premier flic de France" assurait avoir reçu une invitation de son homologue algérien et qu'il y "répondrait". "On travaille aux conditions de cette visite", avait-il expliqué sur BFMTV, se félicitant "de ce que les échanges sécuritaires (aie)nt repris entre les deux pays". Il se rendra en Algérie pour "parler de questions de sécurité, notamment la question des réadmissions, la question de la lutte contre le terrorisme, contre le narcotrafic...", détaillait-il alors.

Début février, le ministre français avait affirmé attendre une amorce de réponse d'Alger aux demandes de Paris sur le retour dans leur pays des ressortissants algériens en situation irrégulière en France et sur le cas de Christophe Gleizes, ce journaliste sportif arrêté en mai 2024 alors qu'il préparait un article sur le club de football le plus titré du pays, la JS Kabylie.

Les tensions France-Algérie se sont multipliées

La relation entre les deux pays s'était fortement dégradée depuis l'été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire disputé par l'Algérie. Les tensions franco-algériennes se sont multipliées depuis deux ans, entre l'enlèvement d'un influenceur algérien opposant au régime d'Abdelmadjid Tebboune en avril 2024, la mise en examen d'un agent consulaire algérien en avril 2025 ou encore l'expulsion de douze agents de l'ambassade française à Alger quelques jours plus tard...

Laurent Nuñez et son homologue Saïd Sayoud devraient également évoquer d'autres dossiers brûlants, à commencer par l'admission des ressortissants algériens sous OQTF, le renseignement en matière de lutte contre le terrorisme ou encore les demandes d'extradition formulées à la France par l'Algérie.

"Je trouve qu'il y a des signaux positifs qui se déclenchent des deux côtés", estimait récemment Sabrina Sebaihi, députée écologiste, à l'AFP. "D'un côté, on a le transfert de Christophe Gleizes à côté d'Alger, le président algérien qui dit 'je reprends tous mes ressortissants'. De notre côté, le ministre de l'Intérieur dit 'moi je vais y aller'. Peut-être qu'on est dans un moment de désescalade de la crise", a encore expliqué la députée des Hauts-de-Seine, qui a rencontré à Alger le président de l'Assemblée nationale.

Visite de Ségolène Royal en Algérie

Le dernier déplacement d'un ministre de l'Intérieur en Algérie remontait à fin 2022 et la visite de Gérald Darmanin. Son successeur Bruno Retailleau avait cristallisé les crispations, tentant régulièrement d'aller au bras de fer, notamment autour de la libération de l'écrivain Boualem Sansal, incarcéré pendant près d'un an pour certaines prises de position sur son pays natal.

L'ancienne ministre socialiste Ségolène Royal s'était rendue il y a quelques jours en Algérie, où elle avait été reçue par le président Tebboune et avait obtenu l'autorisation de rendre visite à Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme". Ségolène Royal s'était posée en médiatrice lors de cette visite, initiée à titre personnel en tant que présidente de l'Association France-Algérie. Elle était venue plaider pour une "reconstruction de l'amitié entre la France et l'Algérie".

Avec AFP