
Après la défaite essuyée par la droite lors des régionales, les députés UMP, emmenés par Jean-François Copé (photo), se réunissent à l'Assemblée. Le groupe parlementaire exige de la présidence un changement de cap et un retour "aux fondamentaux".
AFP - Sonnée par sa déroute aux régionales, l'UMP exige de l'exécutif un changement de cap, avec une feuille de route "claire et lisible" et un retour aux "fondamentaux" de la droite, certaines voix allant jusqu'à contester le leadership de Nicolas Sarkozy.
Alors que toute l'attention se porte maintenant, à gauche comme à droite, sur la présidentielle de 2012, Jean-François Copé appelle à la construction immédiate d'"un nouveau pacte majoritaire" au moment où les responsables du parti veulent, comme Frédéric Lefebvre, "prendre le temps pour répondre aux messages des Français".
Face à des troupes vent debout, le patron des députés UMP entend libérer la parole mardi matin lors d'une réunion à huis clos de son groupe à l'Assemblée qui promet d'être aussi animée qu'au lendemain de la défaite des municipales de 2008.
Très attentif à cette "thérapie de groupe", le chef de l'Etat a reçu M. Copé à l'Elysée à trois reprises en une semaine. On va "crever les abcès" entre députés UMP, mais pas question de "casser la maison", confie M. Copé, rassurant.
Il espère surtout avoir convaincu le chef de l'Etat de revenir "aux fondamentaux": abandon de la taxe carbone, cap sur la réforme des retraites et la loi de modernisation agricole, réduction des déficits, mobilisation sur l'emploi et la sécurité et fin de l'ouverture à gauche.
"Aujourd'hui, à force de dire réforme, réforme, réforme, il n'y a plus de lisibilité", résume le député Elie Aboud. Si ce dernier espère que "la famille ne va pas se déchirer", les couteaux sont bel et bien tirés.
Là où M. Sarkozy proclamait "à élections régionales, conséquences régionales", l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a demandé le "vote de confiance" au Parlement.
Il faut "une majorité beaucoup plus pluraliste" et "un remaniement ministériel de grande ampleur", renchérit le sénateur UMP Philippe Dominati.
Les sarkozystes balaient d'un revers de main. "Président du Sénat, Raffarin nous aurait emmerdés, pas président, il nous emmerde quand même!", s'agace un poids lourd du gouvernement.
Un autre ex-locataire de Matignon, Dominique de Villepin, a lui choisi le soir de la défaite de l'UMP pour jouer sa partition en ébruitant la création prochaine de son mouvement.
Pour y faire parade, M. Sarkozy semblait vouloir profiter du remaniement post-régionales, "modeste", pour faire entrer au gouvernement, après Bruno Le Maire en décembre 2008, un nouveau villepiniste, le député Georges Tron. Un autre, Jean-Pierre Grand, relativise: "On est toujours dans le débauchage: hier la gauche, aujourd'hui nous. Ca va amuser les gens trois jours".
Des parlementaires vont jusqu'à briser les tabous en s'en prenant ouvertement à la personne même du chef de l'Etat. Lassé par cette "France Hauts-de-Seine", Bernard Reynès, proche de M. Copé, assène: "Après Sarkozy I, il faut un Sarkozy II !"
Le sénateur divers droite Jean-Louis Masson va plus loin et se demande si M. Sarkozy est toujours "le meilleur candidat de la droite pour 2012 ou si une alternative doit être recherchée" citant "Villepin, Juppé ou Copé".
Des critiques qui font s'époumoner les proches du chef de l'Etat. "Moi je suis sarkozyste et l'UMP a fait 60% à Levallois! Les plus bas scores, c'est chez ceux qui n'ont pas joué le jeu de la majorité... Regardez chez Alain Juppé à Bordeaux !", a déclaré à l'AFP le député UMP Patrick Balkany. Allusion aux critiques sur les réformes adressées par l'ancien Premier ministre après le premier tour.