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L'Iran annonce avoir convoqué l'ambassadeur français à Téhéran pour "ingérence"
Après la détention pendant plusieurs heures la semaine dernière de deux agents de l'ambassade de France en Iran – dont un a été "molesté" selon le Quai d'Orsay –, Téhéran dit lundi avoir convoqué l'ambassadeur de France. Le ministère iranien des Affaires étrangères dénonce des "ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran".
Les forces de sécurité iraniennes montent la garde devant l'ambassade de France à Téhéran lors d'une manifestation organisée le 21 octobre 2025 par les soutiens de Mahdieh Esfandiari, une Iranienne arrêtée en France. © AFP

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi 27 juillet ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne la semaine dernière.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baqhaï, lors d'un point-presse hebdomadaire. Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l’Iran sous prétexte de dialoguer avec la société civile".

Un agent français "molesté"

Deux ⁠agents de l'ambassade ​de France en Iran ont été ​la cible le 19 juillet d'une "action d'intimidation" de la part des services de sécurité iraniens, selon les mots de Jean-Noël Barrot. Le lendemain, le chef de la diplomatie française avait affirmé que l'un d'entre eux avait été "molesté".

"Cette agression est d'autant plus choquante que ces deux agents portent nos programmes de soutien à la société civile et notamment aux artistes et scientifiques iraniens", avait regretté le ministre. "Cette atteinte gravissime et inadmissible à l'intégrité de nos agents ne pourra rester sans conséquence", avait-il indiqué avoir fait savoir à son homologue iranien, Abbas Araghchi.

Jean-Noël Barrot avait aussi affirmé que les diplomates avaient été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

"Sous le choc, les deux diplomates sont rentrés précipitamment à Paris, mercredi 22 juillet. L’un d’eux porte encore, sur son front entaillé, les traces de son agression par les agents des services secrets iraniens", avait écrit le quotidien Le Monde jeudi dernier.

Pour Jean-Noël Barrot, l'arrestation des deux diplomates français a été préparée. Le chef de la diplomatie française l'avait qualifiée jeudi sur France Inter d'"action grave" et "préméditée".

Un proche, dont Le Monde avait obtenu le témoignage, décrit un des deux agents français visés comme "brillant et impliqué". "Il n'a jamais fait que son travail de conseiller culturel, c’est-à-dire qu'il a été actif pour bâtir des ponts entre la France et la société iranienne, et cela a suscité l’irritation du régime", avait confié un diplomate au quotidien français.

Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, dont les propos ont été repris par l'agence de presse iranienne Tasnim, les Français tenaient "une réunion avec plusieurs personnes poursuivies dans des affaires liées à la sécurité nationale".

"De nombreux documents faisant état d'activités illégales ont été découverts sur place et font l'objet d'une enquête par les autorités compétentes", a affirmé Mohammad Tanhayi, le directeur du département chargé de l’Europe occidentale au ministère iranien des Affaires étrangères. Il a aussi rejeté les accusation de Jean-Noël Barrot selon lesquelles les deux personnes auraient été battues.

Avec AFP