
Des soldats américains travaillent au blocus des ports iraniens, selon une capture réalisée le 26 juillet d'une vidéo diffusée le 25 juillet par l'armée américaine (Centcom). © Centcom, AFP
Le Moyen-Orient sort d'une troisième nuit consécutive sans frappes, lundi 27 juillet, après que l'ambassadeur américain à l'ONU a assuré que Donald Trump voulait laisser une chance à diplomatie, faisant chuter les prix du pétrole.
"Ce que fait le président en ce moment, (...) c'est laisser de la place aux négociations. Les négociations se poursuivent", a assuré dimanche Mike Waltz dans des médias américains, tout en soulignant que Donald Trump n'avait pas renoncé à la nouvelle escalade dont il a menacé la République islamique : il "garde toutes les options sur la table".
Aucun bombardement américain n'a été signalé en Iran depuis vendredi soir, marquant une pause dans les hostilités après deux semaines de frappes sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a toutefois empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'État.
"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'État depuis le Golfe.
Plus tôt, la télévision d'État avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.
"Comme notre stratégie est essentiellement basée sur la riposte, nous avons également interrompu nos opérations", a commenté dimanche le porte-parole de l'armée iranienne Mohammad Akraminia.
Les cours du pétrole baissent
Signe de soulagement, les cours du pétrole s'affichent en forte baisse lundi : vers 04 h 40 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence internationale, cédait près de 5 %, autour de 92 dollars le baril, après être même passé brièvement sous la barre des 90 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), reculait d'autant, à environ 84 dollars.
Alors que la guerre dure depuis bientôt cinq mois, la presse américaine fait état d'un possible manque de munitions.
Selon le New York Times, qui cite deux sources proches du dossier, le gouvernement s'inquiète de l'affaiblissement du stock de systèmes d'interception de missiles Patriot et d'autres équipements défensifs protégeant les pays de la région.
L'armée américaine dispose "de tout ce dont elle a besoin pour mener cette campagne avec toute l'efficacité requise", a rétorqué Mike Waltz, annonçant le déploiement au Moyen-Orient de "davantage de ressources".
Et Donald Trump d'insister auprès du Wall Street Journal : "Nous avons bien plus de munitions que quiconque dans le monde, et bien plus que ce dont nous avons besoin".
Soutien de Netanyahu

Pour Téhéran, les États-Unis sont dans une situation "difficile et instable" et cherchent probablement "une nouvelle stratégie", a estimé Mohammad Akraminia.
En amont de la visite mardi du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, partisan d'une ligne dure, Mohammad Akraminia a mis en garde les Américains : s'ils "se laissent à nouveau tromper" par Israël et "insistent pour continuer la guerre, particulièrement par des frappes aériennes, elle s'étendra géographiquement".
Benjamin Netanyahu a dit "soutenir pleinement les efforts" de Donald Trump pour parvenir à mettre fin aux ambitions nucléaires de Téhéran. "S'il peut y arriver sans revenir à des combats de haute intensité, c'est très bien", a-t-il déclaré dimanche sur Fox News.
Front yéménite
Sur le nouveau front de la guerre, opposant l'Arabie saoudite aux rebelles Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, les hostilités se sont intensifiées.

C'est le contrôle du ciel du pays qui a réveillé la discorde le 13 juillet : l'Iran avait envoyé à Sanaa un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d'autorisation auprès de Riyad, contrairement à l'usage depuis dix ans, déclenchant des frappes attribuées au royaume sur l'aéroport de Sanaa.
En retour, les Houthis ont attaqué le territoire saoudien pour la première fois depuis 2022. Ils ont notamment visé samedi des sites pétroliers.
Avec AFP
