
Le 13 juillet 2026, à Bunia, dans l'Ituri, à l'est de la RD Congo, un agent d'hygiène désinfecte les pieds d'une personne à l'entrée du centre de traitement Ebola de Rwampara. © Benediction Murhabazi, AFP
L'épidémie d'Ebola déclarée il y a deux mois en République démocratique du Congo (RD Congo) se propage "plus rapidement que toutes les épidémies précédentes", a alerté jeudi 16 juillet le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
"Il s'agit désormais de la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée: au cours des derniers mois, elle s'est propagée plus rapidement que toutes les épidémies précédentes", a déclaré devant la presse le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. L'épidémie déclarée mi-mai a déjà fait 796 morts pour plus de 2 000 cas confirmés dans ce pays.
"À ce jour, 2 003 cas ont été signalés, dont 796 décès. À titre de comparaison, l'épidémie d'Ebola de 2018" en RDC "avait mis plus de 10 mois pour atteindre le seuil des 2 000 cas confirmés", a-t-il expliqué. Cette épidémie, la plus meurtrière dans le pays, avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés entre 2018 et 2020.
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Prise en charge, dépistage et taux de suivi en hausse
Tedros Adhanom Ghebreyesus a précisé que la "plus grande préoccupation" de l'OMS portait actuellement sur la transmission de la maladie dans la province de l'Ituri (nord-est de la RDC), foyer de cette 17e l'épidémie où, selon lui, "plus de 80 % des nouveaux cas sont détectés en dehors des listes de contacts connus".
Cela "montre que des chaînes de transmission continuent d'échapper à la surveillance", a-t-il averti, indiquant également qu'environ deux tiers des décès survenaient au sein des communautés, "chez des personnes qui n'ont jamais été prises en charge dans un établissement de santé".
Il a noté quelques progrès, avec une capacité de prise en charge des malades qui dépasse désormais les 800 lits "et continue d'augmenter", une hausse des moyens de dépistage avec 60 laboratoires installés, et un taux de suivi des contacts qui "a augmenté pour atteindre près de 80 %".
Il n'existe aujourd'hui ni vaccin ni traitement contre le variant Bundibugyo du virus Ebola, responsable de l'épidémie actuelle, mais l'OMS a indiqué avoir lancé au début de ce mois les essais cliniques portant sur deux traitements : l'anticorps monoclonal MBP134 et l'antiviral remdesivir, seuls ou en association.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a aussi indiqué qu'avait débuté cette semaine le premier essai de sécurité du vaccin ChAdOx1, sous la direction de l'université d'Oxford (Royaume-Uni).
Mardi, un autre essai clinique a commencé, visant à évaluer l'efficacité d'une prophylaxie post-exposition (PEP) avec l'antiviral obeldesivir sur des patients ayant été en contact avec des cas confirmés de Bundibugyo.
"Même en l'absence de vaccins et de traitements approuvés, 377 personnes se sont rétablies, ce qui montre qu'avec un diagnostic précoce et une prise en charge sûre, cette maladie peut être surmontée et sa propagation stoppée", a assuré le chef de l'OMS.
L'Ouganda voisin, qui a enregistré deux morts pour 20 cas, a de son côté annoncé jeudi ne plus compter aucun malade.
Avec AFP
