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Mondial 2026 : l'Argentine sait souffrir et gagner ses matches dans le dernier quart d'heure
Avec neuf buts marqués après la 80e minute, l’Argentine se montre comme une spécialiste des qualifications au bout de l’effort. Elle a appris à souffrir au fil de la compétition et comptera une nouvelle fois sur le génie de Messi ou l'inspiration tardive de ses attaquants pour battre l'Angleterre en demi-finale du Mondial, mercredi.
Lionel Messi célèbre avec ses coéquipiers après que Julian Alvarez a inscrit le deuxième but de son équipe lors du quart de finale de la Coupe du monde de football contre la Suisse, à Kansas City, le 11 juillet 2026. © Charlie Riedel, AP

L'Argentine, reine des buts à la dernière minute. Même dos au mur, les Argentins parviennent à se sortir des situations les plus complexes. Leur efficacité en fin de match leur a permis leur qualification en demi-finale, mercredi 15 juillet, face à l'Angleterre.

Le sélectionneur argentin, Lionel Scaloni, expliquait en conférence de presse, après la victoire contre la Suisse, que sa sélection “souffrait”, rappelant que “même au Qatar on avait souffert même si on a peut-être mieux joué qu'aujourd'hui”. Avec 9 buts sur 17 inscrits après la 80e minute de jeu, l’Albiceleste fait voir son instabilité mais aussi sa capacité à s’en “remettre au génie” comme l’avance le sociologue du sport Hervé Kouamouo, intervenant à France 24. Ils marquent dans cette période beaucoup plus que les trois autres demi-finalistes. Ils en ont tous marqué trois pour 16 réalisations pour les Français, 10 pour les Espagnols et 14 pour les Anglais. Pour le sociologue, l’Argentine est une équipe “en difficulté sur tous les matches”. La résilience argentine transparaît grâce à Messi, “ce genre de joueur qui en une action peut vous faire changer un match”.

3 -1 : les prolongations avec la Suisse

Les Argentins ont su faire preuve de réalisme pendant le choc face à une Suisse déterminée à donner du fil à retordre aux champions du monde en titre. L’Albiceleste avait pourtant pris les devants très tôt, à la 10e minute grâce à une tête de Mac Allister.

La Nati finit par faire flancher le gardien argentin Emiliano Martinez à la 67e. La frappe de Ndoye permet aux Suisses de revenir au score et ravive une lueur d’espoir. La flamme s’éteint cependant quelques minutes plus tard, à la suite d’un deuxième carton jaune écopé par Embolo alors que l’arbitre l’avait originellement attribué à Paredes.

Mondial 2026 : l'Argentine sait souffrir et gagner ses matches dans le dernier quart d'heure
Lionel Messi et Jose Manuel Lopez célèbrent leur qualification en demi-finale après une victoire face à la Suisse, le 11 juillet 2026. © Abbie Parr, AP

L’exclusion inverse la tendance du match, les Argentins remettent la pression. Au terme du premier quart d’heure des prolongations, Julian Alvarez libère l’Albiceleste. Lautaro Martinez ne fait que crucifier la Nati dans les dernières minutes : 3 - 1 pour l’Argentine, deux nouveaux buts en prolongation et un billet pour les demi-finales.

3 - 2 : quinze minute cruelles pour l'Égypte

“C’est un match qu’on retiendra de cette Coupe du monde” selon Xavier Chemisseur, journaliste France 24. Même quand ils ne mènent pas, les hommes de Lionel Scaloni, le sélectionneur argentin, trouvent la solution magique. Contre l’Égypte, la solution s’appelle Leo Messi, passeur puis buteur. Face à des Pharaons pourtant bien en place défensivement, l’Albiceleste a fait honneur à son titre en marquant trois buts en moins de quinze minutes. Christian Romero réduit l’écart à la 79e sur un service de Messi, le capitaine égalise quatre minutes plus tard. Dans le temps additionnel, Enzo Fernandez termine une remontada express seul dans la surface.

Mondial 2026 : l'Argentine sait souffrir et gagner ses matches dans le dernier quart d'heure
Les joueurs argentins soulèvent leur capitaine Lionel Messi en l'air pour célébrer la victoire à l'issue des huitièmes de finale opposant l'Argentine à l'Égypte, à Atlanta, le 7 juillet 2026. © Colin Hubbard, AP

Un dénouement qui ne fait pas l’unanimité. Les Égyptiens auraient pu faire le break à la 60e minute, mais François Letexier revient sur une faute arrivée un peu plus tôt. Alors que les Égyptiens poussent pour repasser devant, Mohamed Salah tombe dans la surface adverse. L’arbitre français laisse jouer ce qui se solde par une victoire argentine.

3 - 2 : la frayeur cap-verdienne en 16e de finale

Rares sont ceux qui voyaient le Cap-Vert aller aussi loin dans son Mondial. Encore plus rares ceux qui auraient pu prédire qu’ils tiendraient tête à la sélection argentine. L'Albiceleste s’est fait peur. L’Argentine s’impose dans la douleur, au terme d’un match durant lequel ils ont tremblé entre manque de rythme, exploits du gardien des Requins Bleus Vozinha et égalisations du Cap-Vert. Selon Xavier Barret, chroniqueur à RFI, “les Argentins ont un peu pêché par orgueil, par suffisance et par arrogance”, explique-t-il. “Ils ont marqué et ils ont géré, ils pensaient que ça suffirait et ils ont failli se faire sortir.”

Mondial 2026 : l'Argentine sait souffrir et gagner ses matches dans le dernier quart d'heure
Le joueurs capverdien Diney Borges marque un but contre son camp lors des seizièmes de finale entre l'Argentine et le Cap-Vert à Miami Gardens, le 3 juillet 2026. © George Walker IV, AP

L’Albiceleste a pu se sortir du piège cap-verdien en prolongations grâce à ses éclairs de génie : un corner de Messi et une tête de Romero. Un exploit qui ne passe pas loin pour le Cap-Vert.

Une tendance déjà vue en poule

La tendance des buts argentins en fin de match n’est pas réservée aux matches à élimination directe. Les Sud-Américains ont aussi dû batailler jusqu'en fin de rencontre lors de la phase de groupe.

Contre l’Autriche, Messi marque le but du break à la 95e minute, pendant le temps additionnel. Face à l’Algérie, il signe un triplé à la 76e. Le capitaine sévit aussi à la 80e, empêchant la Jordanie d’espérer revenir au score malgré une réduction à la 55e.

Toujours qualifiés sur le fil, les Argentins n’ont cependant jamais été jusqu’aux tirs au but pendant ce Mondial, parvenant in extremis à arracher leur qualification. Les Anglais non plus, eux aussi familiers des buts en fin de match à l'image de leur qualification face à la Norvège.