
Le sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps (à gauche), réagit dans la zone technique aux côtés de son adjoint, Guy Stéphan (à droite), lors de la demi-finale de la Coupe du monde de football 2026 entre la France et l'Espagne au Dallas Stadium d'Arlington, le 14 juillet 2026. © Ronaldo Schemidt, AFP
Face à l'Espagne en demi-finale du Mondial 2026, les Bleus se sont révélés impuissants. Éliminés aux portes de la finale sur le score de 2 à 0, mardi 14 juillet, les Français ont été cadenassés durant toute la rencontre par une Roja qui a dominé la partie.
Il faut "reconnaître qu'aujourd'hui on a été un ton en-dessous", a déclaré le sélectionneur français Didier Deschamps après la défaite à Dallas.
"Il y a beaucoup de déception. Les joueurs sont anéantis parce qu'on avait beaucoup d'ambition, même s'il faut être aussi logique et reconnaître qu'aujourd'hui on a été un ton en dessous sur le plan technique face à une équipe qui a bien maîtrisé son sujet et plus. Mais c'est d'abord de notre faute, je veux pas accuser qui que ce soit", a commenté le technicien tricolore sur M6.
"Il faut l'accepter, c'est le très haut niveau, même si ça fait mal. Je ne veux pas jeter tout ce qui a été fait, mais sur ce match-là, voilà, l'Espagne a montré quelque chose de plus", a-t-il ajouté.
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Accepter Gérer mes choixDes déchets techniques
Déjà défaits par la "Roja" dans le dernier carré de l'Euro 2024 (2-1) puis de la Ligue des nations 2025 (5-4), les Bleus n'ont pas réussi grand chose mardi soir pour que le résultat soit différent sur la plus grande scène mondiale.
Souvent privés du ballon (44% de possession), ils ont vécu une première période cauchemardesque. Mikel Oyarzabal a d'abord transformé un penalty concédé par Lucas Digne, qui a heurté Lamine Yamal en tentant de dégager le ballon dans sa surface de réparation. Échaudé par cette erreur, le défenseur français n'a ensuite jamais remonté la pente durant la rencontre.
Huit minutes plus tard, son coéquipier le défenseur central William Saliba, blessé, a été contraint de céder sa place à Maxence Lacroix (30e). L'écart au score aurait pu être encore plus important à la mi-temps sans un sauvetage de Dayot Upamecano devant Lamine Yamal à la suite d'un mouvement collectif brillant réalisé par les champions d'Europe en titre (38e).
Face à la meilleure défense de la compétition (un but encaissé), l'attaque française a eu très peu d'opportunités à se mettre sous la dent. Une insuffisance davantage liée aux déchets techniques d'Ousmane Dembélé et de Michael Olise qu'au choix de Didier Deschamps de préférer Bradley Barcola à Désiré Doué sur l'aile gauche.
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Accepter Gérer mes choixLa sortie de Rabiot
Mais en ce qui concerne le remplacement d'Adrien Rabiot par Manu Koné à la mi-temps, les critiques pleuvent sur le sélectionneur. Didier Deschamps a fait le choix de le mettre sur le banc alors que le milieu de terrain de l'AC Milan, auteur d'une bonne première période, était sous la menace d'une expulsion après avoir reçu un carton jaune dès la huitième minute.
Cette décision est depuis très commentée. Sur l'antenne de l'Équipe, l'ancien international français Johan Micoud n'a pas caché son incompréhension. "C'est pas possible d'avoir ce raisonnement quand on est en train de jouer une demi-finale de Coupe du Monde. Tu as ton meilleur joueur et tu le sors parce qu'il a un jaune et qu'il a refait une faute à la 45e. Je peux tout entendre, mais pas cela", a-t-il expliqué.
L'ancien défenseur central des Bleus Eliaquim Mangala partage également cet avis. "Si la sortie de Rabiot a pesé ? Oui, énormément. Pour moi, c’était le meilleur joueur français en première période. Avec son carton jaune, il ne pouvait plus prendre de risque, et son absence a encore accentué les difficultés de l’équipe", a estimé le Français pour le quotidien Le Parisien ce mercredi.
Mbappé bien seul
Résultat, après la pause, l'Espagne a continué son récital. L'équipe ibérique a mieux redémarré, à l'image d'une frappe de peu au-dessus de Mikel Oyarzabal (52e), six minutes avant que la Roja ne parvienne à faire le break grâce à Pedro Porro. Le latéral droit espagnol s'est retrouvé seul dans la surface pour ajuster Mike Maignan à la suite d'un magnifique une-deux avec Dani Olmo.
C'est seulement dos au mur que les Bleus ont tenté de réagir, principalement sous l'impulsion de Kylian Mbappé. Le co-meilleur buteur du Mondial, à égalité avec l'Argentin Lionel Messi (huit buts), a échoué en angle fermé face à Unai Simon (64e), qui est aussi sorti à toute vitesse dans ses pieds pour couper deux situations de contre-attaque (42e, 81e). Une nouvelle frappe croisée puissante du capitaine tricolore a fait passer un semblant de frayeur dans la défense ibérique (67e).
Le coup franc de Kylian Mbappé à l'entrée de la surface est passé au-dessus de la barre transversale adverse (89e), tandis que la frappe de la dernière chance d'Ousmane Dembélé a été captée par un solide Unai Simon (90e+5). Malgré leur activité intéressante, les entrées de Désiré Doué (57e) - qui n'a pas réussi à lober le gardien adverse (81e) - et de Rayan Cherki (72e) n'ont pas non plus permis aux Bleus d'éviter une première élimination en demi-finales d'un Mondial depuis 1986.
Kylian Mbappé, plutôt en jambes, a ainsi parfois semblé seul à tenter de sortir son équipe de l'ornière. "Il y a eu trop d'approximations techniques, a déclaré le capitaine français sur M6. Sur des récupérations hautes, techniquement, les premières passes, les premières touches n'étaient pas dignes d'une demi-finale de Coupe du monde".
Le choix contesté de Tchouaméni
La déroute n'est pas seulement venue de l'attaque. De nombreux observateurs pointent aussi du doigt la titularisation au milieu d'Aurélien Tchouaméni de retour de blessure et le choix de laisser Manu Koné comme remplaçant. "Si Tchouaméni n'est pas à 100%, tu ne le fais pas jouer ! C'est Deschamps qui connaît le joueur et l'a à l'entraînement. Mais quand il se cache en tant que troisième défenseur central... autant mettre Konaté! A quoi sert Tchouaméni s'il n'est pas prêt physiquement? Pourquoi il ne met pas Manu Koné, qui était sur une très bonne dynamique?", a ainsi analysé le commentateur Walid Acherchour sur l'antenne de RMC.
"On s’est fait concasser au milieu. Mais il y a eu des faillites individuelles, et pas que de nos attaquants. J’ai trouvé Tchouaméni en dedans et trop sur la réserve. Rabiot était tout seul pour se battre, pour aller chercher les ballons. Je pense que ça a accentué cette impression de domination du milieu de terrain espagnol", a également estimé l'ancien champion du monde Bixente Lizarazu pour l'Equipe.
Comme le résume Vincent Duluc, dans le journal l'Équipe, la sélection nationale a finalement "failli dans tous les domaines qui auraient dû la distinguer". Pour le journaliste, "elle a couru dans le vide parce qu'elle n'était pas si bien que cela physiquement et que ses erreurs techniques lui ont fait perdre tous les ballons qu'elle peinait à récupérer, elle n'a rien tenté d'autre, par le coaching, que le poste pour poste qui a perpétué les mêmes problèmes et les mêmes faiblesses, et elle a semblé submergée mentalement par la dimension émotionnelle du rendez-vous".
Les Bleus auront une chance de montrer un autre visage, samedi à Miami lors du match pour la troisième place, face au vaincu de la seconde demi-finale qui oppose mercredi l'Angleterre et l'Argentine. L'occasion, aussi, d'offrir un podium à Didier Deschamps pour son ultime match sur le banc.
Avec AFP et Reuters
