
Jude Bellingham exulte après avoir inscrit le deuxième but de l'Angleterre face à la Norvège lors du quart de finale de la Coupe du monde, le 11 juillet 2026 à Miami Gardens. © Julio Cortez, AP
"Hey" titre le post Instagram du compte officiel des Beatles au-dessus d'une photo du phénomène britannique Jude Bellingham, rappelant leur titre à succès "Hey Jude" sorti en 1968. Une chanson reprise à plein poumons par les supporters des Three Lions dans les tribunes outre-Atlantique pendant le Mondial 2026.
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Accepter Gérer mes choixAvec ses coéquipiers, Jude Bellingham affronte, mercredi 15 juillet une équipe d'Argentine au mental d'acier, prête à tout donner pour la dernière de leur héros, Lionel Messi. Face à l'autre numéro 10, le meneur de jeu anglais doit confirmer son ascension au sein de la sélection de l'Albion. L'Angleterre dispute la quatrième demi-finale de son histoire (1966, 1990, 2018, 2026).
L'as des records britanniques
Les Three Lions ont su montrer leur efficacité pendant cette Coupe du monde : aucune défaite enregistrée, seul un match nul en poule contre le Ghana pour empêcher les joueurs anglais de faire un sans faute offensif.
Parmi les artisans de ces victoires, Jude Bellingham s'est particulièrement fait remarquer. Célèbre pour son touché de balle et sa capacité à être décisif, il est à l'origine de six buts en compétition. Deux d'entre eux ont permis aux Anglais de se qualifier en demi-finales contre la Norvège de son ancien coéquipier, Erling Haaland. Soit seulement deux buts de moins que les hommes en tête, Kylian Mbappé et Lionel Messi. L'Anglais est au même niveau que son compatriote, Harry Kane. Face à l'Argentine, il aura l'opportunité de grappiller de l'avance sur l'attaquant.
Au terme de la rencontre face à la Norvège, le numéro 10 avait évoqué le "caractère" et la "persévérance" de son équipe. Il est connu comme le "mauvais élève", "l'éffronté" ou encore "l'enfant terrible" dans la presse pour son attitude désinvolte et ses performances irrégulières en sélection comme dans son club, le Real Madrid. Pourtant, Jude Bellingham montre aujourd'hui un visage serein, confiant et déterminé. Il accompagne ses coéquipiers dans l'effort comme le soulignait le défenseur anglais Dan Burn fin juin : "Quand Jude sort un tacle de dingue dès la 3e minute, il te donne cette énergie. Tu te dis : 'OK, il sort le grand jeu, il va falloir que j'élève mon niveau.'" Le milieu offensif Elliot Anderson a quant à lui salué "la manière incroyable dont Jude se bat pour l'équipe" et son capitaine Harry Kane le fait qu'il "soit allé chercher des ressources au fond de lui-même".
Un niveau que Jude Bellingham améliore, coutumier des records qui continuent de tomber même six ans après sa première sélection. Originaire de Stourbridge, il est le premier joueur à marquer au moins deux buts lors de deux matches à élimination directe d'affilée en Coupe du monde depuis Diego Maradona en 1986. Du haut de ses 23 ans, il est le deuxième plus jeune joueur à y être parvenu derrière Pelé qui avait 17 ans en 1958.

Autre record à ajouter à son palmarès : le meneur de jeu est devenu le plus jeune joueur à atteindre sa cinquantième sélection sous les couleurs britanniques le 23 juin 2026 lors du match nul contre le Ghana. À 22 ans et 359 jours, il devance Wayne Rooney et Michael Owen.
Depuis son arrivée en sélection britannique, Bellingham a toujours accompagné son équipe en phase à élimination directe. Porte bonheur ou homme du match, les Three Lions ont toujours atteint au moins les quarts de finale avec lui lors des rencontres internationales. Ils avaient atteint les demi-finales sans lui en 2018 mais "Jude" était bien là lors des deux finales perdues des Euro 2020 et 2024. Pour sa première Coupe du monde (Qatar 2022), Bellingham est tombé en quarts de finale contre la France.
Des tensions avec Tuchel
La sélection britannique et lui sont bel et bien de retour dans le dernier carré avec Jude Bellingham comme un atout majeur du système de jeu basé sur la récupération du ballon, une grande qualité du meneur de jeu. L'ironie : celui qui a marqué près de la moitié des buts de la sélection (avec Harry Kane) a failli rester sur le banc… ou sur son canapé.
Pendant que la presse anglo-saxonne ne tarit pas d'éloges sur le numéro 10, son sélectionneur Thomas Tuchel se montre plus réservé.
Malgré les résultats, sa Coupe du monde est marquée par une tension avec le tacticien allemand. L'ancien entraîneur du PSG, arrivé à la tête des Three Lions en janvier 2025, a challengé Jude Bellingham, lui préférant Morgan Rogers au poste de numéro 10. Il n'avait pas non plus été convoqué pour un rassemblement en octobre 2025. L'entraîneur allemand avait évoqué une attitude sur le terrain potentiellement "repoussante" en juin 2025, critiquant notamment sa performance lors de l'Euro 2024 durant lequel Bellingham avait été d'une grande irrégularité entre manque de rigueur, tensions avec le vestiaire, refus de parler aux médias ou réclamations auprès de l'entraîneur Gareth Southgate.

Cette tension s'illustre même en zone mixte, Bellingham réagissant aux propos critiques de son tacticien à propos de la performance de l'équipe après la victoire contre la Norvège. Il avait répondu que "Peut-être qu'il ne sait pas ce que c'est que de jouer dans de telles conditions (météorologiques, NDLR) face à Erling Haaland, (Martin) Odegaard, (Antonio) Nusa, (Alexander) Sörloth... Ce n'est pas une équipe facile à jouer. Je crois qu'on essaie de créer un environnement positif et il faut continuer."
Thomas Tuchel avait tout de même admis que "c'était une performance de classe mondiale, réalisée par un joueur de classe mondiale. Il a été décisif dans les moments cruciaux. C'était du très haut niveau."
Alors que se profile la demi-finale, reste à savoir si les supporters britanniques pourront continuer de scander leur nouvel hymne. Fini "God Save The King", bonjour "Hey Jude".
