
L'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy quitte la Cour suprême après avoir témoigné au procès des indépendantistes catalans à Madrid, le 27 février 2019. © Andrea Comas, AP
L'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy est au cœur d'une polémique après ses propos visant l'équipe de France de football. Les Bleus "disposent (...) d'un effectif de très haut niveau", mais "sans Français", a-t-il écrit vendredi 10 juillet dans une tribune publiée par le média El Debate, dans laquelle il émet une analyse de l'équipe de France avant le match des demi-finales du Mondial entre les Bleus et la Roja mardi.
Plusieurs ministres et des chefs de partis français ont fustigé dimanche le "racisme crasseux" et la "haine" que véhiculent ces propos. Tout comme l'actuel Premier ministre espagnol, Pédro Sanchez, qui dénonce des "déclarations xénophobes".
"L'équipe de France ne comprend que des Français. La France n'est pas une nation ethnique, elle n'a pas de couleur de peau ou de religion. C'est une nation politique rassemblée autour de la devise républicaine. N'en déplaise à la droite raciste", a quant à lui vertement répliqué le patron du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, sur X.
"Hier, une sénatrice du Paraguay, maintenant l'ancien Premier ministre d'Espagne : ils ne peuvent pas s'empêcher d'exprimer un racisme crasseux pour tenter d'énerver notre belle équipe de France", a abondé son homologue du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel.
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Accepter Gérer mes choixDes membres du gouvernement français ont eux aussi réagi, à l'instar de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou (Horizons).
"À chaque victoire des Bleus, les mêmes obsessions et insultes racistes ressurgissent. Ce ne sont pas des 'dérapages'. C'est une haine méthodique et banalisée de la France et de ce qu'elle est", a-t-elle tancé, invitant la Fédération française de football à engager des "poursuites".
Sa collègue Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations (Renaissance), a elle critiqué des "dérapages racistes répétés". "Il est temps qu'ils cessent et que le sport redevienne du sport : un lieu où on est jugé sur son talent et sur aucun autre critère."
Interrogé sur BFMTV, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a de son côté affirmé ne pas avoir lu la tribune de Mariano Rajoy, mais que si l'ancien Premier ministre espagnol avait bien rédigé ces lignes, ce serait "absolument inacceptable".
"Que le meilleur gagne et que le racisme perde"
La sortie de l'ancien dirigeant espagnol, dont le gouvernement avait chuté en 2018 sur fond de poursuites pour financement illégal de son parti, a aussi fait réagir en Espagne.
Le Premier ministre actuel, Pédro Sanchez, a déclaré sur X qu'"il y en a qui mesurent encore l'appartenance par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau. D'autres la mesurent par l'attachement à un pays et la volonté d'y contribuer."
"L'Espagne est à ceux qui l'aiment et la font vivre. Pas à ceux qui la déshonorent par des déclarations xénophobes. France, on se retrouve en demi-finale. Que le meilleur gagne et que le racisme perde", conclut-il.

Le ministre des Transports du gouvernement socialiste espagnol, Oscar Puente, a pour sa part qualifié Mariano Rajoy d'"idiot post-franquiste" n'ayant, selon lui, jamais été "modéré".
L'ambassade de France à Madrid a elle aussi réagi sur les réseaux sociaux : "Tous les joueurs de l'équipe de France sont français. Sur les 26 joueurs, 23 sont nés en France. Les 3 qui sont nés à l'étranger sont également français."
Avec AFP
