
La présidente de l'Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet, lors d'une séance de questions au gouvernement, à Paris, le 3 février 2026. © Ludovic Marin, AFP
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ne souhaite pas la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le volet français de l'affaire Epstein. "La commission d'enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice", a estimé Yaël Braun-Pivet mardi sur Europe 1. "Il faut que la justice puisse être saisie" pour "faire toute la lumière" s'il y a "des ramifications françaises" dans les millions de pages publiées fin janvier par le ministère américain de la Justice au sujet du financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
La France insoumise (LFI) avait appelé la semaine dernière à la création d'une commission d'enquête parlementaire transpartisane pour donner la possibilité à des victimes, connues ou nouvelles, de témoigner, et enquêter sur d'éventuelles "ingérences" ou le "financement" de partis politiques.
"Séparation des pouvoirs"
Premier nom à apparaître, l'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand Jack Lang a démissionné dimanche de la présidence de l'Institut du Monde arabe (IMA) après l'ouverture d'une enquête du Parquet national financier pour ses liens d'intérêt financier avec Jeffrey Epstein.
"C'est assez terrifiant. Tout en reconnaissant la qualité de l'engagement et l'œuvre de Jack Lang en tant que ministre, je ne veux plus voir d'hommes et de femmes politiques qui profitent des largesses de personnes privées", s'est indignée Yaël Braun-Pivet. "Ces hommes et ces femmes politiques qui profitent du jet privé, qui vont se faire payer des vacances, c'est inacceptable."
"C'est inadmissible parce que non seulement c'est condamnable moralement, mais vous devenez peu ou prou les obligés des personnes qui vous entretiennent", a-t-elle encore lancé, affirmant que ça la "choque profondément en tant que femme politique".
Pour autant, a-t-elle argumenté, la constitution d'une commission d'enquête parlementaire "entraînerait de la confusion des pouvoirs", là où la France est "fondée sur une séparation des pouvoirs entre le législatif et la justice".
Avec AFP
