
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, au centre, lors d'une visite avec le chef de l'Organisation de l'énergie atomique, Mohammad Eslami, deuxième à droite, à Téhéran, le 10 novembre 2025. © Zuma Press / Reuters
Est-ce un "deal" que Donald Trump pourrait accepter ? L'Iran est disposé à "diluer" son uranium hautement enrichi si les États-Unis lèvent "toutes les sanctions", a déclaré lundi 9 février Mohammad Eslami, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, après la reprise de pourparlers sur le nucléaire avec Washington.
"En réponse à une question sur la possibilité de diluer l'uranium enrichi à 60 % (...), Mohammad Eslami a déclaré que cela dépendait de la levée de toutes les sanctions en contrepartie", a rapporté l'agence officielle Irna, sans préciser s'il s'agissait de l'ensemble des sanctions visant son pays ou seulement de celles des États-Unis.
Avant les frappes israélo-américaines sur ses sites nucléaires en juin 2025, l'Iran enrichissait l'uranium à 60 %, soit bien au-delà de la limite de 3,67 % autorisée par l'accord nucléaire de 2015, désormais caduc, conclu avec les grandes puissances. Diluer son stock d'uranium lui permettrait d'abaisser ce taux.
Les pays occidentaux, États-Unis en tête, et Israël, ennemi juré de la République islamique et considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire. L'Iran se défend d'avoir de telles ambitions militaires.
400 kg d'uranium hautement enrichi
Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran est le seul État non doté de l'arme nucléaire à enrichir l'uranium à hauteur de 60 %.
Enrichi entre 3 et 5 %, cet uranium sert à alimenter les centrales nucléaires pour la production d'électricité.
Jusqu'à 20 %, il sert à produire des isotopes médicaux, utilisés notamment dans le diagnostic de certains cancers. Pour fabriquer une bombe, l'enrichissement doit être poussé jusqu'à 90 %.
Une grande incertitude entoure le sort des réserves de plus de 400 kg d'uranium hautement enrichi que possède l'Iran et vues pour la dernière fois le 10 juin par les inspecteurs de l'AIEA.
Le stock, s'il n'a pas été détruit, lui permet en théorie de fabriquer plus de neuf bombes si le taux est porté à 90 %.
Le président américain Donald Trump s'est plusieurs fois prononcé pour une interdiction totale d'enrichissement pour l'Iran, une condition inacceptable pour Téhéran et qui serait bien moins favorable que l'accord de 2015.
L'Iran, qui défend un droit au nucléaire civil notamment pour l'énergie, considère cette exigence contraire aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Avec AFP
