
Le pont international Gordie Howe, le 24 juillet 2024. © Business Wire via AP
Alors qu'un pont encore en construction au-dessus de la rivière Détroit doit relier les villes américaine de Détroit et canadienne de Windsor, Donald Trump a menacé lundi 9 février de bloquer ce projet, estimant que les États-Unis devraient être propriétaires de "la moitié, au moins", de cette infrastructure.
"Je ne permettrai pas que ce pont ouvre tant que les États-Unis ne reçoivent pas une compensation pour tout ce que nous leur avons donné, et aussi tant que le Canada ne traitera pas les États-Unis de manière aussi équitable et juste que nous le méritons", a écrit le président américain dans un message décousu sur son réseau Truth Social.
"Nous allons commencer des négociations, IMMÉDIATEMENT", a-t-il ajouté. "Avec tout ce que nous leur avons donné, nous devrions être propriétaires, peut-être, de la moitié au moins de cet actif", a encore avancé Donald Trump.
Ce pont encore en construction au-dessus de la rivière Détroit doit relier les villes américaine de Détroit (Michigan) et canadienne de Windsor (Ontario).
Un financement intégralement canadien
Le chantier a démarré en 2018 pour un coût total de 6,4 milliards de dollars canadien, soit environ 4 milliards d'euros, pour une ouverture prévue courant 2026.
Selon un document publié par son maître d'ouvrage, la Windsor-Detroit Bridge Authority, le Canada assure intégralement le financement du pont, mais celui-ci appartiendra conjointement à ce pays et à l'État américain du Michigan. Il portera le nom de la légende canadienne du hockey sur glace Gordie Howe.
Dans le reste de son message, Donald Trump a critiqué à nouveau la volonté d'Ottawa de se rapprocher de la Chine, estimant que Pékin "mangera le Canada tout cru".
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Donald Trump s'en prend aussi à l'ancien président démocrate Barack Obama, qui avait autorisé ce projet de pont.
Le président républicain a multiplié depuis son retour au pouvoir les déclarations hostiles au Canada ainsi que les attaques commerciales et économiques, allant jusqu'à déclarer à plusieurs reprises qu'il fallait en faire le 51e État américain.
Il a récemment menacé le pays de droits de douane de "100 %" en cas d'accord commercial avec la Chine et déclaré que les États-Unis allaient retirer la certification d'avions fabriqués au Canada, en particulier des jets Bombardier.
Mi-janvier, le Premier ministre canadien Mark Carney avait annoncé des accords avec la Chine sur les droits de douane réciproques et sur l'importation de véhicules électriques, au cours d'une visite à Pékin saluée comme le début d'un nouveau partenariat après des années de brouille.
Avec AFP
