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Quand l'IA falsifie la Shoah : les mémoriaux allemands tirent la sonnette d’alarme
Des images prétendument historiques de la Shoah, générées par l'intelligence artificielle, circulent massivement sur les réseaux sociaux. Des contenus qui proposent des scènes n'ayant jamais existé et qui, parfois, romantisent la violence. Ils suscitent une vive inquiétude parmi les mémoriaux allemands qui dénoncent une banalisation et une déformation de l’Histoire.

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Des images ayant pour thème la Shoah générées par une intelligence artificielle. © Capture d'écran France 24
01:47

Un homme qui joue du violon dans le centre de mise à mort d'Auschwitz-Birkenau. Une jeune femme qui esquisse un pas de danse dans celui de Sobibor. Ces images de la Shoah paraissent émouvantes, mais elles ont été complètement fabriquées par une intelligence artificielle. Elles mettent en scène ce génocide qui a fait plus de six millions de victimes, mais en esthétisant la violence d'un crime contre l'humanité.

Parmi les photos créées par l'IA à avoir connu un succès viral, celle d'une fillette aux cheveux bouclés, présentée comme étant Hannelore Kaufmann, une Berlinoise de 13 ans morte dans le camp d'extermination d'Auschwitz, dont on commémore, mardi 27 janvier, la libération en 1945. Aucune victime de ce nom n'y a été recensée. Dans un autre contenu "AI slop" - ou contenu généré par une AI -, Hank est présenté comme un violoniste tchèque à Auschwitz. Une publication dénoncée par le musée du camp.

Une déformation de l'histoire

Depuis plusieurs mois, ce type de contenus se multiplient sur les réseaux sociaux. Ce phénomène inquiète les chercheurs et les gardiens de la mémoire, comme les responsables du mémorial du camp de concentration de Sachsenhausen, situé au nord de Berlin. Avec 50 autres institutions, ils ont appelé dans une lettre ouverte, le 13 janvier 2026, les plateformes à empêcher leur diffusion et à travailler avec elles pour "combattre de manière volontariste" ces faux et exclure des programmes de monétisation les comptes disséminant de tels contenus à des fins vénales ou de propagande.

"Ces images modifient les habitudes de visionnage des utilisateurs, c'est indéniable, et elles diluent et déforment l'histoire car elles produisent une image propre et aseptisée de ce qui s'est réellement passé ici, et cela ne correspond en rien à la réalité historique", a ainsi dénoncé auprès de France 24, Astrid Homann, responsable du programme éducatif de Sachsenhausen.

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Produits pour générer des clics

Ces contenus sont tout sauf anodins. Certains sont produits pour générer des clics et de l’argent, d’autres pour brouiller la vérité historique. Selon la fondation Antonio Amadeu, dédiée à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, il s'agit d'une porte ouverte au révisionnisme.

"Les images de la Shoah génèrent bien sûr des taux de clics incroyablement élevés. Mais il est évident que cela un pose problème, car ces images peuvent être utilisées à des fins très diverses. Elles peuvent servir à déformer l'Histoire, à la falsifier. Et puis elles peuvent aussi servir une volonté de relativiser la Shoah, et de prétendre qu'il existe une source X ou Y qui prouve bien que les choses se sont passées différemment", estime Nikolas Lelle, expert auprès de la fondation Antonio Amadeu.

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Quand l'IA falsifie la Shoah : les mémoriaux allemands tirent la sonnette d’alarme
Un contenu de France 24 falsifiée par l'IA. © Capture d'écran France 24
01:47

Face à cette prolifération, les autorités allemandes appellent également à une régulation plus stricte. Le règlement européen sur les services numériques (DSA) "oblige les plateformes à assumer leurs responsabilités", a rappelé le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, dans une réponse à l'AFP.

Aucun géant américain, notamment Meta (Facebook et Instagram), n'avait répondu aux mémoriaux à la veille de la journée commémorative. Le Chinois TikTok, en revanche, leur a dit vouloir exclure les comptes incriminés de la monétisation et mettre en place une "vérification automatisée".

Avec AFP