
Cette image fournie par la marine américaine montre le capitaine Daniel Keeler, commandant du porte-avions USS Abraham Lincoln de classe Nimitz, alors qu'il se prépare à piloter un hélicoptère MH-60R Sea Hawk dans l'océan Indien, le 23 janvier 2026. © Seaman Daniel Kimmelman, AP
Les États-Unis ont intensifié ces dernières heures leur présence militaire au large des côtes iraniennes, laissant penser que Washington envisage de frapper le régime des mollahs confronté depuis plus d'un mois à des manifestations d'envergure qui pourraient avoir fait plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de morts.
Pièce maîtresse du dispositif américain déployé dans la mer d'Oman, l'USS Abraham Lincoln, un porte-avions à propulsion nucléaire long de 333 mètres, l'un des plus grands navires de guerre au monde, en provenance du Pacifique.
Ce monstre des mers peut servir à faire décoller jusqu'à 90 aéronefs.Il transporte actuellement plusieurs escadrons, dont des chasseurs furtifs F-35 et F/A-18 Super Hornet ainsi que des EA-18G Growler, spécialisés dans la guerre électronique. À cette armada aérienne s'ajoutent des hélicoptères de lutte anti-sous-marine et anti-surface Seahawk MH-60R.

Véritable base aérienne flottante, l'USS Abraham Lincoln peut embarquer plus de 5 000 militaires à son bord : 3 200 membres d'équipage et 2 480 membres de l'escadre aérienne, explique Forbes.
Pour l'escorter, trois destroyers, USS Frank E. Petersen Jr, USS Spruance et USS Michael Murphy, font partie du voyage. La mission de ces bâtiments polyvalents ? Protéger le vaisseau amiral mais aussi mener des frappes sur le territoire iranien si l'ordre en est donné.
Ces trois navires de guerre disposent de missiles intercepteur anti-aérien et anti-surface Standard SM-6 et de missiles de croisière Tomahawk d'une portée maximale de 1 600 kilomètres tandis que des missiles Harpoon assurent la lutte antinavire.
Selon Euronews, un sous-marin d'attaque rapide accompagnerait également ce groupe aéronaval.
Systèmes THAAD et Patriot
Les autres bâtiments déployés sur zone incluent trois destroyers supplémentaires ainsi que trois navires de combat littoral, des frégates rapides spécialisées dans les menaces côtières.
Selon un responsable américain, l'administration Trump a également envoyé ces derniers jours une douzaine d'avions de combat F-15 au Moyen-Orient, ainsi que des systèmes de défense aérienne THAAD et Patriot supplémentaires, afin de protéger les troupes américaines et les forces partenaires contre toute riposte iranienne.
Ces deux systèmes de défense aérienne font partie des plus sophistiqués et des plus onéreux au monde. Une batterie de THAAD coûte entre 800 millions et plus d’un milliard de dollars, et chaque missile intercepteur vaut autour de 10 à 15 millions de dollars.
Ce système, qui utilise une combinaison de radars et d’intercepteurs, est le seul capable d’abattre des missiles balistiques à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de l’atmosphère. Dépourvu de charge explosive, il utilise la force cinétique pour détruire sa cible.
Les États-Unis disposent déjà de 30 000 à 40 000 soldats dans la région, avec des forces comprenant cinq escadrons aériens répartis dans autant de pays (Koweit, Émirats arabes unis, Bahrein, Arabie saoudite, Oman), cinq navires de guerre, dont deux destroyers, ainsi que des systèmes de défense aérienne, rappelle le Financial Times.
Selon les données de suivi des vols, les États-Unis ont également déployé davantage d'avions de ravitaillement et de transport dans la région.
Mille drones
Cette "magnifique armada" vantée par le président Donald Trump fait peu ou prou la même taille que celle déployée dans les Caraïbes avant l'opération américaine menée en début d'année pour capturer l'ancien dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro dans le but de le traduire en justice à New York.
Le président américain a plusieurs fois menacé de frapper l'Iran en réponse à la répression des manifestations mais il a semblé revenir sur cet avertissement après avoir assuré que Téhéran avait suspendu des exécutions prévues de manifestants.
Avec les moyens militaires actuellement déployés dans le golfe Persique, Donald Trump est en mesure de frapper les installations nucléaires de Téhéran mais aussi les infrastructures de son programme balistique, l'un des plus avancés de la région. Washington peut également opter pour des frappes ciblées sur des hauts responsables du régime, dont Ali Khamenei, le guide suprême de l'Iran, et ses successeurs potentiels.
De son côté, l'Iran a promis, jeudi 29 janvier, aux États-Unis et à ses alliés une "riposte écrasante". Le chef de l'armée Amir Hatami a notamment annoncé avoir doté les régiments de combat de 1 000 drones.
Des menaces de confrontation, mais la solution diplomatique ne semble pas totalement écartée par un régime iranien aux abois : après des tractations avec les pays du Golfe opposés à une intervention américaine, le chef de la diplomatie iranienne se rendra vendredi en Turquie, pays souhaitant jouer un rôle de médiateur entre Téhéran et Washington.
Avec AFP
