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En France, une hausse du chômage de 6,8 % en 2025, selon une nouvelle methode de calcul
Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité inscrits à France Travail a augmenté de 2,6 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au précédent et de 6,8 % sur un an, selon une nouvelle méthode de calcul incluant les allocataires du RSA et des jeunes en parcours d'insertion.
Les employés de Bledina manifestent devant l'usine de Villefranche-sur-Saône le 20 novembre 2025, après l'annonce par le groupe Danone de la fermeture du site de production de céréales pour bébés, qui emploie 117 personnes. © Jeff Pachoud, AFP

Ralentissement modéré du marché du travail ou forte dégradation de l'activité ? En France, le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité inscrits à France Travail a augmenté de 2,6 % au quatrième trimestre 2025 par rapport au précédent pour un total de 6,8 % sur un an.

Ces chiffres, valables pour toute la France hors Mayotte, tiennent compte de l'inscription, depuis début 2025, de tous les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) et des jeunes en parcours d'insertion à France Travail – un chamboulement majeur pour les chiffres de l'institution –, ainsi que d'un nouveau régime de sanctions entré en vigueur le 1er juin.

Sans ces modifications, qui dégradent les chiffres, la hausse du nombre de chômeurs aurait été limitée à 2 % sur le quatrième trimestre et à 1,7 % sur l'année.

"Les estimations hors modifications administratives, qui reflètent plus fidèlement la situation conjoncturelle du marché du travail, indiquent un ralentissement modéré du marché du travail sans rupture brutale d'ampleur", a-t-on souligné au ministère du Travail, ajoutant qu'"à ce stade, le taux d'emploi continue de se maintenir à un niveau historiquement élevé".

Une analyse que ne partage pas le directeur du département "Analyse et prévision" de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Éric Heyer. "C'est une forte dégradation au quatrième trimestre et elle n'est pas liée à la loi plein emploi, elle est vraiment liée à une dégradation du marché du travail", estime l'économiste.

"Globalement, il y avait une baisse du nombre de demandeurs d'emploi continue de 2015 jusqu'à 2022, puis de 2022 à mi-2024, cela s'est stabilisé et depuis le troisième trimestre 2024, il y a un retournement", résume l'économiste.

Parmi les éléments "un peu alarmants" des derniers chiffres, il cite le fait que "ce sont essentiellement les demandeurs d'emploi de longue durée qui augmentent, ce qui laisse entendre que plus longtemps vous restez demandeur d'emploi, plus il vous est difficile de retourner sur le marché du travail".

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En France, une hausse du chômage de 6,8 % en 2025, selon une nouvelle methode de calcul
© France 24
01:46

Contexte géopolitique qui pèse sur les entreprise

"On voit une dégradation qui n'est pas surprenante", analyse pour sa part Nathalie Chusseau, économiste et professeure à l'université de Lille. Elle cite "l'incertitude politique nationale et le contexte géopolitique et commercial international qui obèrent les investissements et un taux de faillites d'entreprises record depuis trois ans" parmi les explications de cette situation morose.

Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité a atteint en moyenne sur le trimestre 3,35 millions, contre 3,26 millions au trimestre précédent.

En tenant compte des chômeurs exerçant une activité partielle (catégories A, mais aussi B et C), la hausse s'élève à 1 % sur le trimestre et 4,8 % sur l'année.

Hors nouveaux publics (bénéficiaires du RSA et jeunes en parcours d'insertion) et corrigés des effets du nouveau régime de sanctions, ce nombre de demandeurs d'emploi aurait toutefois été stable au quatrième trimestre et en hausse de 1,6 % sur l'année.

Dans son communiqué, le département des études du ministère du Travail (Dares) précise que les sanctions qui prennent souvent, depuis juin, la forme d'une "suspension-remobilisation", entraînent des retenues financières mais plus une radiation de la liste des inscrits à France Travail, ce qui a eu pour conséquence "une baisse des radiations".

En prenant en compte les nouveaux publics inscrits et le nouveau régime de sanctions, le chômage des jeunes a explosé sur l'année, avec une hausse de 23,6 % en catégorie A, mais l'augmentation s'est ralentie en fin d'année, à 1,7 % sur le seul quatrième trimestre.

Le nombre d'inscrits placés provisoirement dans la catégorie G, en attente de leur entretien d'orientation, ne se résorbe que lentement, avec 812 100 personnes concernées au quatrième trimestre, contre 867 200 au troisième (− 6,4 %).

Dans le même temps, le nombre de chômeurs en parcours social, qui ne sont pas immédiatement disponibles pour reprendre un emploi, a bondi de 179 500 à 255 400 (+ 42,3 %).

Avec AFP