
Un convoi de la police syrienne se rassemble dans le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, le 10 janvier 2026. © Omar Albam, AP
Après plusieurs jours de combats meurtriers contre les forces gouvernementales, les forces kurdes en Syrie ont annoncé dimanche 11 janvier l'évacuation de leurs combattants des deux quartiers où ils étaient retranchés à Alep.
"Nous sommes parvenus à un accord qui a conduit à un cessez-le-feu et permis l'évacuation des martyrs, des blessés, des civils pris au piège et des combattants des quartiers d'Achrafieh et de Cheikh Maqsoud vers le nord et l'est de la Syrie", ont écrit les Forces démocratiques kurdes (FDS) dans un communiqué.
L'agence officielle syrienne Sana a confirmé que "les bus transportant le dernier groupe de membres des FDS ont quitté le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep, en direction du nord-est".

Les deux camps s'accusent mutuellement d'en être à l'origine. Ces combats ont fragilisé encore plus un accord conclu en mars entre les deux parties pour intégrer les institutions civiles et militaires de l'administration autonome kurde au sein de l'État syrien, qui n'a pas encore été appliqué.
"Médiation des parties internationales"
L'évacuation des combattants a été obtenue "grâce à la médiation des parties internationales pour mettre fin aux attaques et aux violations commises contre notre peuple à Alep", a affirmé le FDS, après avoir au contraire dénoncé quelques heures plus tôt des déplacements forcés et des enlèvements de civils.
Depuis Damas, l'émissaire américain Tom Barrack avait lancé samedi un appel à la "retenue" et à la fin des hostilités, après avoir rencontré le président Ahmed al-Charaa dont le gouvernement se dit déterminé à asseoir son autorité sur Alep, la deuxième ville du pays.

Un correspondant de l'AFP posté samedi à l'entrée du quartier Cheikh Maqsoud a vu au moins cinq autocars transporter des hommes, escortés par les forces de sécurité.
Prises au piège pendant des jours, des familles hagardes ont enfin pu quitter le lieu des combats.
Des hommes portent leurs enfants sur le dos, des femmes et des enfants pleurent. "Papa, papa", répète une petite fille cherchant son père.

Mais plusieurs dizaines de jeunes gens sont mis à l'écart par les forces de sécurité, qui les forcent à s'asseoir par terre, tête baissée, sous leur garde, avant de les embarquer dans des cars.
Les FDS, qui ont été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe État islamique en Syrie, sont soutenues par Washington qui appuie également Ahmed al-Charaa.
Les combats ont fait craindre une escalade régionale, la Turquie voisine se disant prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes et Israël prenant la défense des Kurdes.
Avec AFP
